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La révision d'un règlement vieux de 40 ans sur les sablières suscite l'espoir

La révision du Règlement sur les carrières et sablières du gouvernement du Québec, effectuée pour une première fois en un peu plus de 40 ans, est vue par plusieurs comme une opportunité historique d'améliorer la protection de l'environnement.

Un texte de Thomas Deshaies

Le règlement établi les règles quant à l'exploitation des gravières et sablières du Québec. Des groupes voués à la protection de l'environnement espèrent que le gouvernement fixera des règles beaucoup plus strictes.

Moins contraignant que pour les minesPour la Société de l'eau souterraine de l'Abitibi-Témiscamingue (SESAT), les normes entourant l'exploitation des sablières sont beaucoup moins contraignantes que celles entourant l'exploitation minière et un rattrapage est nécessaire.On espère toutefois que la nouvelle mouture du règlement, qui est présentement en révision par le ministère de l'Environnement, puisse changer la donne.

Le règlement est en révision depuis l'adoption de la nouvelle Loi sur la qualité de l'environnement.La SESAT a d'ailleurs soumis récemment un mémoire au ministère, conjointement avec le Conseil régional de l'environnement en Abitibi-Témiscamingue (CREAT), pour suggérer des ajustements à la nouvelle version du règlement. « Il y a des avancées qui sont là, des questions très légitimes qu'on soulève, et c'est la première fenêtre d'opportunité qu'on a depuis 41 ans pour soulever ces questions, souligne le directeur général du SESAT, Olivier Pitre. Selon nous, on pourrait aller plus loin et il y a une opportunité d'y aller. »

Il s'agit aussi d'une révision jugée prioritaire par le maire de Saint-Mathieu-d'Harricana, Martin Roch. « Lorsque la SESAT avait annoncé ses grandes orientations, les principales inquiétudes en 2014, c'était les gravières, explique-t-il. Pour comment elles sont gérées, comment sont-elles risquées, puis de quelle façon on devrait les envisager. »

1 mètre de distance avec la nappe phréatique : une distance suffisante ?Ce règlement est considéré d'autant plus important en Abitibi-Témiscamingue puisque les sablières et gravières se trouvent sur les eskers, des crêtes de sables et graviers, qui ont été créés lors du retrait des glaciers.La particularité dans la région, c'est qu'on retrouve aussi à cet endroit des sources souterraines d'eau potable d'une qualité exceptionnelle, rechargées et filtrées par l'entremise des eskers.Parmi les questionnements de la SESAT concernant le règlement, cette nouvelle norme qui oblige une distance d'un mètre entre la nappe phréatique et le point le plus creux de la gravière, afin de prévenir la contamination de l'eau.

« Ce n'est pas, à notre connaissance, fondé sur des études détaillées », ajoute-t-il.

Cette distance pourrait constituer un frein à une restauration adéquate des gravières et sablières, toujours selon M. Pitre. « La restauration se fait avec des espèces indigènes, puis l'espèce indigène qu'on retrouve le plus souvent sur les eskers, c'est le pin gris, qui n'aime pas l'eau souterraine, explique-t-il. S'il est planté trop proche du niveau de la nappe phréatique, ça peut mettre en échec la restauration du site. »

Questionné à propos des fondements d'une telle mesure, le ministère de L'Environnement a répondu par courriel : « Le « 1 mètre » demandé permet de prendre en compte des variations annuelles du niveau piézométrique pour éviter une exploitation dans la nappe phréatique. »Protéger les municipalités de plus de 500 habitantsLe nouveau règlement prévoit interdire l'exploitation d'une sablière ou d’une gravière sur toutes les aires d'alimentation des ouvrages de captage d'eau potable, qui approvisionne plus de 500 personnes.Le préfet de la MRC d'Abitibi, Sébastien D'Astous, se questionne sur cette mesure.

« C'est la moitié des municipalités en Abitibi-Témiscamingue qui ont un aqueduc, qui vont alimenter entre 21 et 500 personnes, ajoute M. Pitre. On aimerait qu'il y ait des zones de soustractions qui soient proposées aussi pour ces prélèvements. »Le ministère de l'Environnement poursuivra son analyse des différents mémoires et pourrait modifier son règlement en vue d'une adoption prochaine.

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