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Le BST plaide pour un resserrement des règles sur les enregistreurs de bord

Tandis que l'enquête suit son cours sur le site de l'accident d'avion qui a coûté la vie à Jim Prentice et à trois autres passagers, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) demande à Transports Canada de resserrer les règles en matière d'enregistreurs de bord.

Un texte de Nicolas Pelletier

Le BST en est actuellement au stade de recueillir des renseignements sur le site de l'écrasement, au nord de Kelowna, mais « malheureusement, l'absence d'un enregistreur de conversations de poste de pilotage ou d'un enregistreur de données de vol compliquera davantage l'enquête », est-il écrit dans un communiqué diffusé lundi.

Les avions de petite taille comme le Cessna Citation qui s'est écrasé le 13 octobre ne sont pas tenus d'être munis d'un enregistreur de bord. « Au Canada, précise le BST, seuls les aéronefs multimoteurs commerciaux à turbomoteurs exploités par deux pilotes et qui transportent six passagers ou plus sont tenus d'avoir un enregistreur de conversations à bord. »

Le BST réitère ainsi une demande faite au ministère des Transports dès 1991, soit que ce dernier « se penche rapidement sur la législation destinée à améliorer les exigences relatives aux enregistreurs de bord des aéronefs », dans le but « d'enfin régler cet enjeu de société ».

Lorsque cette requête avait été présentée pour la première fois, les systèmes d'enregistrement étaient très dispendieux. En 2013, le BST estimait toutefois que le secteur de l'aviation était depuis parvenu à élaborer « plusieurs systèmes d'enregistrement de bord légers qui pourraient être installés à faible coût à bord des aéronefs plus petits ».

En attendant les résultats de l'enquête du BST, un ancien agent de sécurité des vols, Jock Williams, croit qu'un problème de santé de la part du pilote serait une cause plausible de l'écrasement d'avion du 13 octobre.

Tout en spécifiant que ses propos relevaient de la spéculation, l'expert indépendant estime, après avoir vu les images aériennes du site de l'écrasement, que l'avion a fait une chute en position verticale.

Parmi les scénarios potentiels pour expliquer que l'avion fasse une chute dans cette position figure aussi l'hypothèse d'une panne de courant, mais Jock Williams pense plutôt que le pilote « aurait pu être victime d'une crise cardiaque ou d'un accident vasculaire cérébral tandis que l'avion était sur le pilote automatique ».

« Dans une telle situation où le pilote ne se réveille pas et que l'avion continue de prendre de l'altitude, mais à trop basse vitesse, explique-t-il, l'appareil peut perdre sa portance et décrocher. À ce moment, si le pilote automatique poursuit sa trajectoire ou si un membre de l'équipage a tiré sur le manche pour que l'avion continue à monter, ça aurait pu entraîner une chute verticale ».

Jock Williams précise que dans la plupart des vols, le pilote automatique est enclenché aussi rapidement qu'après les 20 premières secondes de vol. À son avis, le fait qu'aucun appel de détresse n'a été effectué durant l'écrasement vient soutenir encore plus la thèse du malaise.

« Ou bien le pilote était trop occupé à tenter de reprendre le contrôle de l'avion, ou bien il n'a pas eu le temps de faire un appel d'urgence. Mais sachez que tout ce qu'il avait à faire était d'appuyer sur un bouton situé tout juste sous son pouce pour lancer une alerte. »

Par ailleurs, Jock Williams écarte l'idée que l'appareil construit en 1974 était désuet, invoquant la rigueur de Transports Canada dans le niveau de qualité requis pour qu'un avion décolle au pays et la fiabilité historique des appareils Cessna Citation.

Il croit aussi que le mauvais temps ou encore le positionnement de la piste à l'aéroport de Kelowna ne sont pas, à eux seuls, des raisons suffisantes pour expliquer l'écrasement.

Avec les informations de CBC

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