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Le coût élevé de la fibre de bois a des impacts en Abitibi-Témiscamingue

La réduction du coût de la fibre de bois demeure un enjeu majeur pour l'industrie forestière en 2016. Une étude du groupe DDM, mandaté par le gouvernement, sera d'ailleurs bientôt rendue publique sur cette question. L'industrie forestière soutient que c'est au Québec que le coût de la fibre est le plus élevé en Amérique du Nord et qu'il a augmenté de 12 % entre 2012 et 2014.

Avec les informations de Claude Bouchard

En entrevue ce matin à l'émission Des matins en or, le ministre responsable de l'Abitibi-Témiscamingue, Luc Blanchette, a expliqué que le coût de la fibre a des impacts notamment sur les activités de Tembec. « Dans le secteur forestier, il faut diminuer le coût de la fibre. On a pris des engagements par rapport à Tembec, on a pris des mesures pour les rendre plus compétitives ces entreprises-là et ça pourra aussi assurer, consolider des maintiens d'emploi sinon même la création d'emploi si on en arrive à des projets plus structurants », indique-t-il.

Moins cher en Ontario

À l'usine LVL Global, à Ville-Marie, les essences exploitées sont le tremble et le bouleau. Le directeur général de l'usine est à même de constater la différence de coûts entre le Québec et l'Ontario. Jean-Guy Côté explique que l'usine relancée en 2010 s'approvisionne des deux côtés de la frontière.

« En Ontario, c'est sûr qu'on s'approvisionne au niveau des forêts privées d'Ontario et il y a une bonne différence avec les forêts publiques du Québec. [Avec] les forêts privées du Québec, ça se compare. En pourcentage, ça peut jouer facilement dans le 10 %. »

Quatre-vingt-dix personnes travaillent chez LVL Global, à Ville-Marie.

Une situation exacerbée par le nouveau régime forestier

Le coût de la fibre est une question centrale aussi Chantiers Chibougamau, qui ont récemment fait l'acquisition de Scierie Landrienne. Le porte-parole de l'entreprise, Frédéric Verreault, parle de la mise en place du nouveau régime forestier, mais aussi d'une particularité liée à la coupe de bois sur les terres de la paix des braves.

« Plus le marché est complexe et plus l'écart est difficile à supporter, explique-t-il. C'est une question qui a été exacerbée avec le nouveau régime forestier. Le système des enchères contribue à l'augmentation sur des bases qu'on peut qualifier d'artificielles du prix régulier d'un mètre cube. Le système tarifaire a aussi des imperfections et, dans le cas qui nous concerne, on l'observe encore plus avec tous les mètres cubes récoltés sur le territoire de la paix des braves. »

Les compagnies souhaitent donc une formule qui puisse favoriser leur compétitivité.

Des politiques forestières à changer

Luc Bouthillier, professeur de politique forestière et d'évaluation environnementale à la Faculté de foresterie, géographie et géomatique de l'Université Laval, croit que le gouvernement doit se pencher sur ses politiques forestières pour trouver des aménagements. Il croit toutefois qu'il ne s'agit pas du seul élément à tenir en compte pour la rentabilité des usines. « Oui, il y a un certain bout à faire, dit-il, mais je pense que les industriels qui ont le plein contrôle sur leurs opérations de récolte sont aussi sollicités à cet effort d'imagination pour réduire le coût du bois, c'est-à-dire, réduire le coût du mètre cube à l'entrée de l'usine de transformation. »

Cet été, le gouvernement du Québec a créé cet été une cellule d'intervention forestière pour évaluer le coût de la fibre et trouver des solutions adaptées pour appuyer le développement du secteur.

Par ailleurs, le journal Le Quotidien a obtenu des informations sur le rapport de DDM quant au coût de la fibre. Le gouvernement ne souhaite pas commenter avant la publication officielle de l'étude par la Cellule d'intervention forestière.

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