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Le curateur public de passage dans la région

Le curateur public du Québec, Normand Jutras, est en tournée en Abitibi-Témiscamingue, où il vient rencontrer quelques-uns des 826 citoyens, dont 238 mineurs, de la région qui sont sous sa protection ainsi que des intervenants du réseau de la santé et des services sociaux. 

Un article d'Émilie Parent-Bouchard

Le curateur public est directement responsable, d'un point de vue légal, de 13 500 personnes dans la province. Dans près de 30 000 autres dossiers, le curateur public a un mandat de suivi des dossiers, c'est-à-dire qu'il veille sur le bien-être et les biens des personnes jugées incapables de prendre soin d'elles-mêmes. « J'ai [aussi] un pouvoir d'enquête, le pouvoir d'assigner des témoins, le pouvoir d'aller vérifier dans les comptes de banque, vérifier s'il y a [par exemple] un abus financier dans tel [ou tel] cas », explique le curateur public.

« Je suis chargé de la protection de ces personnes-là, donc je vais les rencontrer, voir le milieu dans lequel elles vivent, voir si elles y sont bien », poursuit-il, ajoutant qu'il doit régulièrement arpenter les régions du Québec pour faire le suivi des quelque 42 570 adultes et jeunes Québécois sous sa responsabilité. 

Intervenants de la santé et des services sociaux

Le curateur public a aussi profité de son passage de deux jours dans la région pour rencontrer plusieurs intervenants du secteur de la santé et des services sociaux. Mercredi, il a notamment rencontré l'organisme communautaire spécialisé en santé mentale Le Pont ainsi que des représentants du Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT). Jeudi après-midi, Normand Jutras est aussi allé rendre visite au centre de jour en déficience intellectuelle et physique Les Intrépides, où il a pu s'entretenir avec certaines personnes qu'il représente.

Normand Jutras précise que 40% des personnes sous sa responsabilité présentent une déficience intellectuelle, 30% souffrent de problèmes de santé mentale, 20% d'une maladie dégénérative, et que 10% sont des traumatisés crâniens. Il note aussi qu'avec le vieillissement de la population, la proportion de ses dossiers liés à des maladies dégénératives tend à augmenter depuis quelques années.

« Ça fait en sorte qu'on connaît chez nous une augmentation de clientèle de 2% par année depuis dix ans. Ce qui est aussi très particulier et qui accroît notre tâche de travail considérablement, c'est l'augmentation des patrimoines que nous avons à gérer, explique Normand Jutras. Il nous arrive de plus en plus de personnes âgées, mais contrairement à ce qui se passait il y a quelques années, il nous arrive de plus en plus de personnes âgées qui ont de l'argent et parfois beaucoup d'argent, des patrimoines importants et complexes, de sorte que depuis cinq ans les patrimoines que nous [devons] gérer ont augmenté de 50%. »

Mandat de protection

Mais le curateur public rappelle que le vieillissement n'est pas en cause dans tous les dossiers qui sont portés à son attention. Il profite d'ailleurs de son passage dans la région pour faire de la sensibilisation quant à l'importance de se doter d'un mandat de protection, qui désigne la personne chargée de veiller sur elle et sur ses biens, en cas d'inaptitude. Selon Normand Jutras, c'est souvent la famille qui est la mieux placée pour assumer ces responsabilités.

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