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Le curé Pelletier : la débrouillardise d'un pionnier religieux à Rouyn

Le curé Albert Pelletier fait partie des personnages mythiques associés à la naissance de Rouyn-Noranda. Cet homme de religion était reconnu pour ses talents de conteur et son instinct de débrouillardise. La première église ainsi que la première école de Rouyn-Noranda ont été construites sous sa gouverne. Sébastien Tessier, archiviste chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) de Rouyn-Noranda, a raconté la vie du curé Pelletier dans le cadre de sa chronique généalogie à Des matins en or.

Un texte de Félix B. Desfossés

La messe au magasin général

Le 3 juin 1925, le curé Albert Pelletier met les pieds à Rouyn pour la première fois. Quelques mois avant son arrivée, des résidents de Rouyn s'étaient adressés à Monseigneur Rhéaume, évêque du diocèse d'Haileybury, en Ontario, dont le territoire s'étendait jusqu'à l'Abitibi. Ces citoyens réclamaient le création d'une paroisse à Rouyn ainsi que l'installation d'un prêtre résident.

Les conditions de la pratique religieuse étaient effectivement très précaires au cours des balbutiements de la ville. Avant l'arrivée du curé Pelletier, la messe était célébrée dans le magasin général de Jos Dumulon. La toute première messe de l'histoire de Rouyn a d'ailleurs a été dite par l'abbé Armand Fugère, le 14 octobre 1924. Une cinquantaine de personnes y assistaient.

Des débuts chaotiques

À défaut d'avoir une église, les premières messes célébrées par le curé Pelletier se sont déroulées dans des endroits assez inusités. Par exemple, durant la semaine, la messe était dite dans le camp du garde-feu Léon Doyon.

La fin de semaine, c'était plutôt dans une salle de danse que père Pelletier récitait la messe! L'endroit était grand et permettait d'accueillir l'ensemble de la communauté qui désirait communier. Le propriétaire de l'endroit, un certain M. Pippen, avait toutefois établi ses conditions pour que le curé Pelletier puisse y tenir ses cultes religieux. La location de la salle était gratuite à la condition que ce dernier fasse le ménage le lendemain de la veillée. La salle de danse était située à l'angle des rues Perreault et Galipeault (aujourd'hui avenue Larivière), où le nettoyeur Michon se trouve de nos jours.

La nécessité d'avoir un lieu fixe pour tenir les messes se faisait sentir. Le Curé Pelletier fit donc construite une tente-chapelle. C'est là que furent célébrés le premier baptême, le 22 août 1925, et le premier mariage, le 23 septembre de la même année.

Mais cette installation était pour le moins limitée dans ses possibilités d'accueil. L'hiver, « l'église de coton » était parfois beaucoup trop froide que la messe y soit célébrée. C'est donc dans la toute première salle de cinéma de Rouyn, le Théâtre Regal, qu'on disait la messe.

La construction de la première école

Constatant que toutes ces solutions pour le moins originales n'étaient pas durables, le curé Pelletier commence à planifier la construction de la première école-chapelle dès l'été 1925. L'école Saint-Louis-de-Gonzague est inaugurée le 9 novembre 1925. Elle est érigée à l'angle des rues Perreault et Galipeault, là où se trouve actuellement le Centre Élisabeth-Bruyère.

Malgré que ses murs étaient mieux isolés que ceux de « l'église de coton », l'école-chapelle ne reçoit son système de chauffage que le 8 décembre! Une fois de plus, par temps froid, les cours sont donnés au Théâtre Régal.

Pour l'enseignement, le curé fit venir quatre Sœurs Grises de La Croix d'Ottawa qui durent parcourir le trajet Angliers-Rouyn par bateau, et ce, en plein mois d'octobre!

Finalement une vraie église

C'est finalement en 1927 que la construction de la première église catholique de la ville de Rouyn a été entreprise. L'église Saint-Michel a été inaugurée officiellement le 25 décembre 1927. Il faudra attendre 10 ans, soit en 1938, avant que le clocher de l'église soit mis en place.

Le 12 avril 1973, l'église est complètement détruite par un violent incendie et le 17 novembre de la même année, le curé Pelletier tombe malade et est hospitalisé à l'hôpital Youville. Bien qu'il ait quitté la prêtrise en 1963 pour des raisons de santé, cette perte l'a visiblement affecté.

Albert Pelletier l'âme le 24 novembre 1974. L'église St-Michel est reconstruite en 1976.

D'après une chronique de Sébastien Tessier

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