Retour

Le grand chef des Atikamekw appelle à faire taire les préjugés

Le grand chef du Conseil de la Nation Atikamekw, Constant Awashish, a affirmé que son intention, en participant à la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP), était des sensibiliser les gens au sujet de la discrimination vécue par sa communauté afin de l'enrayer et ainsi assurer un avenir équitable pour ses jeunes.

Un texte de Marie-Claude Frenette

« Nous ne sommes pas ici pour dénigrer la population non autochtone. Nous sommes ici pour renseigner et faire renaître le respect entre nos deux peuples », a-t-il affirmé lors de son témoignage qui a ouvert, lundi, la troisième et dernière semaine d'audiences de la Commission avant une pause estivale lundi matin à Val-d'Or.

Il a d’entrée de jeu remercié « les femmes qui avaient dénoncé les corps policiers » dont les témoignages ont mené à la mise en place de la Commission.

Le Grand Chef Awashish a insisté sur l’importance pour la nation québécoise et les nations autochtones de se connaître mieux afin de régler leurs différends.

« L’ignorance apporte la crainte, la peur. Je crois que ce sont ces émotions qui sont reflétées aujourd’hui dans les services publics », a-t-il déclaré.

En finir avec l’attitude « colonialiste »

Après avoir fait un survol de l’histoire de la nation atikamekw, M. Awashish a d’ailleurs souligné les manques que subissent les trois communautés de sa nation par rapport à l’accès aux services.

Il a questionné la présence notamment de trois ententes différentes pour les trois services policiers autochtones atikamekw.

« Pourquoi les services ne sont-ils pas traités équitablement? Est-ce que la sécurité d’un membre atikamekw n’a pas autant d’importance que celle d’un non-Autochtone? », a-t-il demandé.

Le grand chef Awashish a de plus mis l’accent sur la reconnaissance du système de justice traditionnelle exigée par son peuple.

Il a aussi invité Jean-Roch Ottawa, chef de la communauté atikamekw de Manawan, à faire part de la demande de sa communauté d’obtenir un service ambulancier complet et permanent afin d’obtenir les mêmes soins auxquels ont droit le reste de la population.

M. Awashish a rappelé que sa communauté réclamait globalement plus d’autonomie et de confiance quant à ses propres institutions, entre autres en ce qui a trait à la protection de la jeunesse.

Il a finalement dénoncé une attitude « colonialiste et paternaliste » qui perdure de la part des membres des services publics québécois envers les Autochtones.

L’exclusion des femmes

Suzy Basile, professeure à l’École des études autochtones de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, a ensuite offert son témoignage. Celle qui est issue d’une longue lignée de femmes atikamekw a tenu à mettre l’accent sur la discrimination vécue par la gent féminine autochtone.

Mme Basile a soutenu les données historiques démontrent que la femme autochtone a perdu son pouvoir et sa place traditionnels au fil du temps.

Elle a notamment mentionné que les femmes autochtones étaient traitées plus durement que les hommes dans les pensionnats autochtones et a rappelé la stérilisation des femmes autochtones qui était pratiquée à une époque afin de réduire la chance de survie de leur nation.

Mme Basile a plaidé pour que la femme autochtone retrouve son pouvoir politique et économique qu’elle exerçait autrefois, avant la colonisation, « de concert avec celui des hommes ».

Les audiences de la CERP se poursuivaient toujours lundi après-midi.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Un enfant impressionne à la batterie dans le métro de New York





Rabais de la semaine