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Le Grand Conseil des Cris et la nation anichinabée annulent leurs événements à Val-d'Or

La crise qui secoue Val-d'Or a déjà des répercussions économiques. Le Grand Conseil des Cris (GCC) a annoncé hier l'annulation d'un tournoi de hockey qui devait se tenir en décembre et qui est une véritable manne pour l'économie de la ville. Matthew Coon Come, grand chef du GCC, en a fait l'annonce mardi lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion d'urgence de l'Assemblée des Premières Nations. Le Conseil Tribal de la Nation Algonquine Anichinabeg (CTNAA) annule aussi ses événements à Val-d'Or.

D'autres événements organisés par le GCC dans le secteur de la Vallée-de-l'Or pourraient aussi être annulés. La situation demeurera jusqu'à ce que le GCC considère que la situation soit devenue plus sécuritaire pour ses membres.

Un tournoi avec des retombées économiques importantes

Val-d'Or est un point de ralliement important pour les Autochtones de la baie James. Ils y tiennent plusieurs congrès et tournois tout au long de l'année.

Le tournoi annuel de hockey, qui se tient habituellement début décembre, ou encore le tournoi de ballon-balai, qui se déroulait au cours des derniers jours, génére plusieurs millions de dollars en retombées économiques.

C'est que les gens des communautés du nord de la baie James profitent de ces événements pour faire le plein de denrées et de cadeaux pour le temps des fêtes.

Des pertes majeures pour des entreprises locales

Le directeur général de l'hôtel Forestel de Val-d'Or, Robert Larivière, n'avait pas encore eu la confirmation que le tournoi allait être annulé. Mais il a laissé savoir que si la décision devait être appliquée, son entreprise allait devoir « subir la décision des communautés ». « Ce que je trouve dommage dans ce dossier-là, c'est que ça prenne une tournure, à quelque part, que j'estime personnellement hors proportion, dans le sens où on pénalise toute une population qui travaille très bien avec les communautés du nord depuis nombre d'années », déplore-t-il.

M. Larivière souligne que les hôteliers ne seront pas les seuls à souffrir de cette décision. Plusieurs commerces et restaurants du centre-ville bénéficient également de la présence de cette clientèle à Val-d'Or.

Le commissaire industriel de la Corporation de développement industriel de Val-d'Or, Jean-Yves Poitras, qualifie la situation de déplorable et de désolante, tant pour la communauté de Val-d'Or que pour les communautés cries. Pour lui, les pertes liées à l'annulation du tournoi pourraient être majeures.

« Les gens de la communauté Crie ont toujours été très confortables de venir participer à des activités à Val-d'or et je pense que Val-d'Or a toujours été accueillante pour eux, estime-t-il. Les raisons qui provoquent cette annulation-là, je trouve que ce sont des raisons qui sont beaucoup plus politiques que rationnelles. »

Un propriétaire de concessionnaire automobile rencontré mercredi dit trouver la situation particulière « parce qu'il me semble qu'on n'est pas vraiment responsables de ce qui se passe et pour nous, autres, c'est un gros apport économique, dit-il. C'est dans les moments où ils viennent nous voir qu'on peut s'occuper d'eux autres, réparer des véhicules, leur vendre des véhicules, alors c'est sûr que c'est assez important pour nous autres. »

Rappelons que samedi dernier, le GCC avait énoncé son souhait d'annuler tous les événements qu'il a l'habitude de tenir à Val-d'Or, à cause du « manque de réaction » des autorités locales suite à la diffusion du reportage d'Enquête sur le sort réservé aux femmes autochtones dans la région.

Une réunion pour faire le point

Une réunion réunira des représentants des milieux de l'éducation, de la santé, de l'économie ainsi que des élus jeudi matin. La Ville de Val-d'Or souhaite faire le point sur les événements des derniers jours. On peut penser que l'annulation du tournoi de hockey Cri fera partie des discussions.

Par ailleurs, au cours de la journée, mercredi, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, a confirmé qu'il rencontrerait le 4 novembre les chefs des Premières Nations du Québec et du Labrador, tel que ces derniers lui avaient demandé.

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