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Le logement social, un outil pour sortir de la spirale de la pauvreté

Le documentaire Les invisibles : le logement social comme moyen de sortir de la pauvreté était présenté en avant-première hier, à Amos, avant d'entreprendre une tournée dans les cinq MRC de la région. Si la parution du film, réalisé à l'initiative du comité de logement supervisé par la Corporation de développement communautaire d'Amos, survient alors qu'une première ville en Abitibi-Témiscamingue vient de théoriquement sortir de la crise du logement, sa perspective régionale sur l'importance de l'accès au logement social comme échappatoire à la pauvreté constitue surtout un outil de sensibilisation de la population comme des élus pour mettre fin aux préjugés.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

« C'est un problème social que beaucoup de gens vivent et les logements sociaux, c'est tellement une belle porte de sortie », lance dès le début du film Isabelle Poitras, une mère monoparentale qui a accepté de témoigner à visage découvert de l'incidence qu'a eue dans sa vie l'accès à un logement abordable pour se sortir de la pauvreté. La jeune mère monoparentale y a trouvé l'impulsion économique nécessaire pour effectuer un retour à l'école après qu'une séparation l'eut poussée dans une situation précaire.

Celle qui a obtenu son diplôme universitaire en travail social figure parmi les convaincus. Mais la directrice de la Corporation de développement communautaire d'Amos croit qu'il y a encore du chemin à parcourir pour combattre les préjugés liés à la pauvreté. C'est donc pour sensibiliser la population comme les élus que le projet de documentaire a été mis sur pied, dès 2010, explique Carole Boucher. Après une première demande de financement infructueuse, de l'argent reçu du Fonds québécois d'initiatives sociales (FQIS) en 2014 permet aujourd'hui de présenter le projet à travers la région.

Susciter la discussion

« Le gros de la démarche du logement social, c'est les municipalités qui l'ont dans les mains, explique Carole Boucher, qui agit comme porte-parole du comité de logement d'Amos région. Donc, on souhaite qu'eux aussi aient une ouverture par rapport à ça, qu'ils viennent nous rencontrer, qu'ils soient présents [...] Évidemment, quand on sent qu'il y a un projet qui est soutenu par la communauté, c'est plus facile comme élu de dire ''c'est correct, on va de l'avant'' », poursuit celle qui souhaite que le film serve surtout à susciter la discussion.

La conseillère responsable du programme AccèsLogis à la Ville d'Amos était émue après la projection. Micheline Godbout croit que cet outil l'aidera à concrétiser le projet de 24 logement sociaux présentement sur la table à Amos, une priorité qu'elle veut voir se concrétiser avant la fin de son mandat, en 2017.

« En tant que femme, en tant que conseillère à la Ville d'Amos, pour moi, c'est vraiment un levier d'écouter ça, parce que j'étais déjà sensibilisée, mais là, je vais être plus à l'écoute, explique-t-elle. [...] Alors oui, ça me donne des ailes aujourd'hui d'écouter ça, beaucoup d'énergie pour persévérer dans la démarche. »

Une situation encore précaire

S'il concède que la situation du logement s'améliore, le coordonnateur de l'Association des locataires de l'Abitibi-Témiscamingue, Bruce Gervais, croit que la région fait encore figure de parent pauvre à l'échelle de la province.

« Si on compte tout, on ne dépasse pas 7 % du parc total de logement locatif qui est du logement social - des [habitations à loyer modique] HLM, des [organismes à but non lucratif] OBNL d'habitation, des coops. La moyenne québécoise, c'est 10 % », illustre-t-il.

Selon les plus récentes données publiées par la Société canadienne d'hypothèques et de logements (SCHL), Rouyn-Noranda est la seule ville de la région à avoir atteint l'équilibre de son marché locatif avec un taux d'inoccupation de 3 %.

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