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Le manque d'infrastructures, un frein à l'expansion du soccer à Rouyn-Noranda?

Alors que vient d'être lancée la Coupe du monde de soccer en Russie, ICI Abitibi-Témiscamingue s'est demandé quel était l'état de santé du sport dans la région. Pronostic : si les adeptes du ballon rond de tous âges sont au rendez-vous, l'expansion du sport est freinée par le manque d'infrastructures, intérieures comme extérieures.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard

Mercredi avant-midi dans le gymnase du pavillon Youville, une dizaine de jeunes de l'école secondaire La Source perfectionnent leur jeu. Exercices de passes, course, dribbles et simulation de jeux sont au menu.

« Ça permet de te dépasser, ça crée un esprit d'équipe et des amitiés. C'est comme une famille, lance d'emblée Alicia Boutin, demie offensive droite de 14 ans, qui en plus de jouer, arbitre et coache une équipe de tout-petits. Je passe mes fins de semaine sur le terrain. Le soccer, c'est ma vie! J'aimerais en faire encore plus, me dépasser encore plus! »

« Ça aide à l'école, je trouve, renchérit l'attaquant Frédéric Massicotte, qui caresse le rêve de joindre les rangs d'une équipe professionnelle. Je suis plus réveillé quand on a du soccer et je suis plus motivé d'aller à l'école. »

Jusqu'à trois fois par semaine, les garçons et les filles de la concentration soccer dispensée aux écoles La Source et D'Iberville viennent s'entraîner pendant un peu plus d'une heure, en plus de leurs cours d'éducation physique réguliers.

Peu de plages horaires en gymnase l'hiver...

Mais comme les gymnases sont réservés à presque pleine capacité pour les élèves du régulier, ils doivent le plus souvent s'expatrier pour l'entraînement. Comme aujourd'hui, au pavillon Youville, heureusement situé à deux pas de l'école secondaire La Source.

« La seule problématique qu'on a, c'est par rapport aux infrastructures, indique le directeur technique du Club de soccer Boréal, Sanéo Thioub, qui coordonne aussi les activités de la concentration soccer. On n'a pas de gymnases pendant l'hiver. À La Source, il y a quelques disponibilités, mais à D'Iberville, il n'y en a pas. L'été, c'est plus facile, on peut aller à l'extérieur, même si on a perdu les terrains qui sont à La Source... »

Le président de la Ligue de soccer mixte de Rouyn-Noranda (LSMRN), Jocelyn Lévesque, qui est aussi directeur général de la Société d'aide au développement des collectivités (SADC) de Rouyn-Noranda, fait valoir que des entreprises qui veulent prôner les saines habitudes de vie auprès de leurs employés en leur réservant des plages horaires en gymnase se heurtent au même problème.

...et peu de disponibilités des surfaces extérieures l'été

Il ajoute que l'enjeu de la disponibilité des terrains extérieurs pendant la belle saison trop courte, selon lui, freine le développement de la ligue sociale.

Le temps d'utilisation limité à une quinzaine d'heures par semaine pour les terrains naturels, la préséance accordée aux ligues mineures et d'élite pour l'utilisation du terrain synthétique de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue « ce qui est logique », concède-t-il , ainsi que le retard dans la livraison d'une nouvelle surface synthétique du secteur St-Luc force la LSMRN au conservatisme.

« Je suis convaincu qu'avec des terrains supplémentaires, il y aurait encore une expansion du soccer parce que la demande est là, indique-t-il, évaluant qu'une dizaine d'équipes pourraient facilement s'ajouter à sa ligue, qui compte déjà 22 équipes pour un total de plus de 550 joueurs. Le gros frein, c'est la disponibilité et l'accessibilité [des terrains] présentement. »

Il mentionne d'ailleurs que l'ajout d'une dizaine d'équipes permettrait d'équilibrer les forces en puissance en créant des subdivisions au sein desquelles les joueurs les plus compétitifs comme les débutants pourraient trouver leur compte.

La Ville travaille sur ces dossiers

À la Ville de Rouyn-Noranda, on assure que le nouveau terrain synthétique du secteur St-Luc verra le jour. Le directeur des loisirs, de la culture et de la vie communautaire, Jean Mercier, attribue les retards dans sa livraison, initialement prévue cet été, à des raisons logistiques.

« [Les travaux] ont été repoussés vers le mois de septembre-octobre parce qu'on veut s'assurer qu'il y ait une période de gel et de dégel, parce que lorsque l'on va pouvoir installer le synthétique qui coûte 900 000 $, on veut s'assurer que ce soit de bonne qualité. »

Le terrain devrait être praticable à compter de juillet 2019.

Quant au complexe sportif, l'ajout d'une surface multisports intérieure constitue la deuxième priorité du Plan directeur des plateaux sportifs et récréatifs adopté ce printemps. On pourra se pencher sur ce chantier après la réalisation de la première phase du projet, menée avec le Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et la Commission scolaire de Rouyn-Noranda, soit le complexe aquatique.

« Selon l'étude menée l'automne dernier, c'est vraiment le besoin le plus criant à la Ville de Rouyn-Noranda, poursuit M. Mercier. On a fait une demande au ministère pour une subvention de 7,5 millions de dollars [pour] le complexe aquatique. Par la suite, le deuxième plus grand besoin, c'est effectivement une surface de grande dimension qui peut accueillir autant le soccer intérieur que d'autres activités sportives, dont l'ultimate frisbee, qui pourraient être pratiquées 12 mois par année. »

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