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Le Musée d'art MA de Rouyn-Noranda ouvre ses portes toutes grandes au public

Le Musée de MA de Rouyn-Noranda – anciennement le Centre d'exposition – dévoilait récemment sa programmation 2017-2018. Bien sûr, plusieurs grandes expositions sont prévues, mais plus que jamais, le lieu culturel veut impliquer les citoyens et leur offrir des occasions de s'approprier le musée et de vivre l'art de manière active avec une foule d'activités et d'ateliers allant de la peinture à l'art performance.

Un texte de Félix B. Desfossés

Ouvrir le musée à toutes et à tous

Ce travail de décloisonnement est celui de Sabina Chauvin Bouchard. « Mon but en tant que médiatrice culturelle, c’est de démocratiser l’art et de le rendre accessible, que les gens se sentent à l’aise de venir au musée. Surtout que maintenant on s’appelle "musée", ça peut faire un peu "aristocrate", "bourgeoisie". Les gens qui sont peut-être moins dans le milieu culturel qui se disent : "Ce n’est pas pour moi…" [Mon objectif] c’est de casser ça. Le musée, il appartient aux citoyens de Rouyn. J’essaye de créer des activités pour que les gens se sentent à l’aise », dit-elle.

« Coaching » avec Martine Savard

Ainsi, l’artiste en art visuel Martine Savard offrira des sessions de « coaching » en peinture chaque mercredi cet automne. Ce ne sont pas des cours, nuance Mme Chauvin Bouchard. « Martine est là pour faire ressortir le potentiel dans les gens. Que ce soit pour quelqu’un qui n’en a jamais fait ou pour artistes qui veulent avancer », précise-t-elle.

C’est donc l’occasion pour les artistes de la région d’échanger avec « une des importantes représentantes femmes abitibiennes de l’art contemporain », tel que la décrit Sabina. L’enseignante à l’UQAT a exposé à Los Angeles, à New York, à Montréal et fait partie des artistes mis en valeur à la Galerie Rock Lamothe de Rouyn-Noranda.

Initiation à l’art performance

Début novembre, l’artiste pluridisciplinaire rouynorandienne Whitney Lafleur aura l’occasion d’initier le public à l’art performance, une discipline qui a fait sa marque à Rouyn-Noranda grâce à la Biennale d’art performatif de L’Écart, mais qui demeure méconnue du grand public.

« Ce qui différencie la performance des autres médiums, c’est justement l’absence de médium. Tu as toujours le canevas, le stage, les éclairages ou l’écran ou les pages pour te sécuriser, pour installer une distance, un mur entre toi et l’artiste. En performance, tu n’en as pas. Tu es confronté à l’artiste, à l’humain qui est comme toi », affirme Whitney Lafleur, qui a présenté des performances de Rouyn-Noranda à la Pologne en passant par Montréal.

Lors de cet atelier, la première étape sera d’aider les participants à découvrir leur identité artistique. « Peu importe ta position, ton intérêt autour de l’art, tu as une identité artistique qui est reflétée dans ce qui t’intéresse, ce qui vient te chercher, ce qui te fait pleurer, ce qui te fait rire, ce qui te fait peur », énumère-t-elle.

« C’est vraiment un atelier qui est conçu pour tous, continue Whitney Lafleur. En tant qu’artiste ou en tant que personne qui a envie de se comprendre un petit peu mieux ou de comprendre un peu l’art avant le produit, avant la forme, avant le brand, il y a les artistes, il y a la réflexion. L’art c’est un mode de vie, c’est une manière de penser, c’est une liberté qu’on s’accorde, c’est une perspective, c’est une façon d’apprécier ou d’altérer ou de tordre la réalité et d’en faire état. »

« Casser l’idée du beau »

Une performance collective sera présentée en guise de conclusion de l’atelier. Le public est donc invité à prendre part à une expérience décomplexée, libératrice, vraie… proche d’une réalité qui n’est pas toujours reflétée dans l’art grand public.

« La vie ce n’est pas beau toujours, réfléchit Whitney Lafleur. Je pense qu’il y a une hypocrisie dans la conception de la beauté et de la laideur en art parce qu’on est prêts à écouter du Barbara ou du Brel qui nous racontent une histoire d’inceste ou de viol avec un bel air de piano, on peut voir des personnages ensanglantés sous le pinceau de Frida Kahlo parce que c’est coloré à la mexicaine, parce que ça vaut cher… On veut voir des images de guerre, on veut voir des images de pauvreté… On veut voir plein de laideur, à condition que ce soit beau. On veut voir des films qui nous font pleurer, à condition que ce soit beau, sur une belle musique.

Ça fait partie d’un des sujets du workshop. Moi, je suis dans une démarche d’honnêteté en tant qu’humaine, en tant qu’artiste, en tant qu’amie, en tant que consommatrice… une démarche plus honnête, c’est de reconnaître que l’art n’est pas là pour être beau. L’art est essentiel à la vie. »

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