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Le nombre de chalets recule au Québec. Voyez où en carte

Depuis 2008, le nombre de chalets au Québec a diminué de plus de 12 000. Quelles régions ont vu les plus grandes baisses? Explications en carte et graphiques.

Un texte de Mélanie Meloche-Holubowski

Selon le portrait statistique de l’évaluation foncière municipale au Québec, il y avait 158 286 chalets au Québec en 2008. Ce chiffre est passé à 146 118 en 2017, une diminution de 7,6 %. Les Laurentides et le Saguenay-Lac-Saint-Jean comptent le plus de chalets.

Certaines régions ont vu le nombre de chalets baisser considérablement au cours de la dernière décennie. Par exemple, la MRC des Pays-d’en-Haut, dans les Laurentides, a perdu à elle seule 1302 chalets. Les municipalités de Saint-Adolphe-d’Howard, Le Domaine-du-Roy, Saint-Sauveur, Rawdon et Chertsey ont chacune perdu plus de 300 chalets depuis 2008.

D’autres municipalités ont vu le nombre de chalets augmenter. C’est le cas notamment de Bromont (+306), de Lac-Brome (+275), de Senneterre (+257), de La Tuque (+255) et d’Amherst (+239).

Loin de la cabane rustique dans le bois

Si le nombre de chalets est à la baisse, la valeur des chalets est à la hausse. L’évaluation foncière des chalets est passée de 13,43 milliards de dollars à 20,97 milliards de dollars, une augmentation de 56 %. Qu’est-ce qui explique ces deux tendances?

Plusieurs chalets, construits dans les années 60 et 70, nécessitent aujourd’hui d’importantes rénovations, explique Robert McCann, évaluateur pour la MRC des Pays-d'en-Haut. Et généralement, les propriétaires ne reconstruisent plus une petite cabane sans commodités.

Ainsi, plusieurs propriétaires ont converti leurs petits chalets en résidences secondaires accessibles à l’année.

« Avant, c’était beaucoup de chalets saisonniers », explique Jean-François Gauthier, greffier et directeur des services juridiques de Saint-Sauveur. « Aujourd’hui, on le remarque, les gens font en sorte que c’est maintenant une résidence habitable à l’année. On a beaucoup plus de résidences habitées de façon permanente, ce qui change le code attribué au bâtiment. »

Ce sont les municipalités dans l’axe de l’autoroute 15 qui ont perdu le plus de chalets. M. McCann explique que des gens de la Rive-Nord cherchent à s’éloigner des centres urbains et choisissent de convertir leur chalet en résidence principale.

« Avec l’urbanisation et la retraite de plus en plus de gens, les propriétaires viennent s’établir ici à temps plein », explique M. MacCann. Il ajoute que sa région offre de plus en plus de services, ce qui attire encore plus de nouveaux propriétaires de chalets qui choisissent de s’établir de façon permanente.

« On voit qu’il y a un accroissement dans le nombre de permis de construction et il y a beaucoup de développement à venir sur le territoire », ajoute pour sa part Jean-François Gauthier.

Le coût des chalets, un élément pris en compte

Certaines régions voient une augmentation du nombre de chalets dont la valeur est de plus en plus élevée. Bromont compte 306 chalets de plus qu’en 2008. La valeur foncière des chalets est passée de 6,16 millions de dollars à 136 millions de dollars, une augmentation de plus de 2100 %.

Le coût moyen d’un chalet dans cette municipalité était de 123 200 $ en 2008. En 2017, il dépasse les 380 000 $.

Il y a tout de même plus de 600 municipalités où les chalets ont une valeur moyenne en deçà de 100 000 $. Par exemple, le coût moyen d’un chalet à La Tuque en 2008 était de 16 695 $ et est de 47 636 $ en 2017.

Hélène Langlais, directrice des communications pour La Tuque, ajoute que la ville est l’une des municipalités du Québec où le prix des maisons est le plus bas. « Notre rôle d’évaluation n’est pas très élevé. Cela se répercute sur les chalets qui sont beaucoup moins chers comparativement à une région comme les Laurentides. On voit souvent des gens acheter un chalet pour son emplacement, le mettre à terre et en construire un neuf à leur goût. »

Même si la valeur est à la hausse dans cette région ces 10 dernières années, les prix sont encore raisonnables pour intéresser les acheteurs, ajoute Mme Langlais.

« Nous sommes à proximité des grands centres urbains, ce qui explique l’engouement que les amateurs de plein air ont pour notre territoire. Nous avons 64 pourvoiries et 9 zecs sur notre territoire […], sans oublier les centaines de kilomètres de sentiers de motoneige, de quad, de vélo de montagne et pédestres. La Tuque est un immense terrain de jeux de plein air, c’est ce qui attire les gens chez nous », affirme Mme Langlais.

Par ailleurs, la Ville de La Tuque gère plus de 4000 baux de villégiature privée situés partout en Haute-Mauricie au nom du ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles du Québec.

En 2017, La Tuque a attribué 14 nouveaux terrains de villégiature sous bail parmi les 1057 personnes qui ont participé au tirage au sort. Grâce à la gestion de ces baux, la Ville a généré en 2016 des excédents de 376 000 $ et 600 000 $ en 2015.

À travers la province, plus de 5600 personnes ont tenté cette année d’obtenir l’un des 186 terrains de villégiature de l’État disponibles.

Si les chalets demeurent un mode d'hébergement encore très prisé auprès des Québécois, selon une enquête effectuée auprès des voyageurs internationaux par Statistique Canada, la majorité des touristes provenant de l'extérieur du Canada préfère séjourner dans les hôtels. Dans ce contexte, le Réseau Veille Tourisme estime que le marché de location de chalets « représente une formidable opportunité de croissance pour l’industrie touristique au Québec. »

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