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Le pensionnat autochtone de Saint-Marc-de-Figuery : l'histoire d'un lieu d'acculturation

Suite à la Commission vérité et réconciliation, il a été conclu que les pensionnats autochtones ont été l'outil central d'un génocide culturel. Un de ces pensionnats se trouvait en Abitibi-Témiscamingue, plus précisément à St-Marc-de-Figuery, près d'Amos. Sébastien Tessier, archiviste chez Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ) à Rouyn-Noranda, est revenu sur l'histoire du lieu dans le cadre de sa chronique généalogie à l'émission Des matins en or.

Pensionnat de St-Marc-de-Figuery

Ouvert en 1955, le pensionnat pour Amérindiens de Saint-Marc-de-Figuery était construit pour recevoir 200 élèves, un nombre qui était souvent dépassé. La plupart des pensionnaires étaient des Algonquins de l'Abitibi, mais il y avait également des Attikameks, des Têtes-de-boule, des Abénakis et des Ojibwés.

Les enfants entraient au pensionnat vers l'âge de 7 ans afin que l'on fasse leur « éducation ».

Force est d'admettre que ce système « éducatif » était efficace. En 1961, les élèves de 7e année du pensionnat ont eu une moyenne de 91% en catéchisme aux examens provinciaux et 95% en dictée.

Dérives autoritaires et sévices corporels

Il faut dire que les enseignants utilisaient parfois certaines mesures « incitatives » révoltantes de nos jours. Les punitions corporelles étaient officiellement permises, mais seulement en présence du principal et uniquement si la « strap réglementaire » était utilisée.

Dans les faits, il n'y avait pas que la « strap réglementaire » qui servait pour les sévices corporels. Les Autochtones ont été victimes de beaucoup de violence physique et psychologique.

Régulièrement, une autorité abusive était appliquée. Par exemple, pour les pensionnaires, la rentrée était marquée par la tonte de leurs cheveux longs. Cette rentrée signifiait aussi la fin de la vie en liberté dans la forêt et la séparation de leur famille.

L'horaire quotidien qu'on leur imposait était très strict et contraignant, d'une rigueur quasi militaire. Un lever à cinq heures du matin était imposé afin que les élèves assistent à la messe de six heures. Les classes commençaient ensuite à neuf heures.

L'utilisation de la langue française était obligatoire dans le pensionnat, ce qui créait de la confusion. Les jeunes Autochtones, pour la plupart unilingues algonquins à leur arrivée, ne comprenaient pas les consignes et ne savaient pas pourquoi ils se faisaient réprimander.

La mission des Oblats

En 1958, les Oblats indiquent que l'éducation des Autochtones est d'abord une responsabilité d'acculturation. L'objectif de leur éducation était de les préparer à l'intégration dans la population canadienne. Dans les faits, la raison d'être des pensionnats était de « transformer » les Autochtones en citoyens canadiens.

Les Oblats croyaient qu'il était important de séparer les enfants de leur milieu familial, car ils considéraient que le foyer familial autochtone, ainsi que le mode de vie nomade, n'étaient pas adaptés à la réussite scolaire des enfants.

Les Oblats voyaient d'un bon œil l'intégration des Autochtones à la « culture blanche ». Ils avaient foi en leur mission, mais également en leurs élèves. Ils les défendaient notamment face au gouvernement. Certains d'entre eux avaient donc de bonnes intentions malgré tout.

Mais les conséquences sur la vie des pensionnaires n'étaient pas aussi roses. À leur sortie du pensionnat, plusieurs avaient l'impression d'être des étrangers, se sentant tout autant rejetés par les blancs que par leurs familles.

Moments de répit

Si un baume pouvait consoler tant de maltraitance, c'est peut-être les moments d'évasion dans le sport, entre autres durant les matchs de hockey et les randonnées en forêt. La télévision et les films étaient aussi des découvertes intéressantes pour eux.

BAnQ Rouyn-Noranda possède une très belle série de photographies en lien avec le pensionnat, dont celle de jeunes joueurs de hockey avec le célèbre Jean Béliveau.

D'après une chronique de Sébastien Tessier

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