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Le père de 2 enfants tués par des policiers à Lac-Simon témoigne à la Commission Viens

Johnny Dumont, père de deux fils tués par des policiers dans la communauté de Lac-Simon en Abitibi-Témiscamingue, a témoigné vendredi à la Commission Viens. Il souhaite que des mesures soient prises pour qu'aucun autre père n'ait à vivre un tel drame.

Un texte de Thomas Deshaies

Le dernier fils de Johnny Dumont à être tombé sous les balles des policiers, en 2016, est Sandy Michel. Après avoir été percuté par une voiture de police, les agents ont fait feu plusieurs fois sur le jeune homme.

Les policiers tentaient de le maîtriser, puisqu'il était en crise et se déplaçait dans les rues de la communauté avec une machette.

Johnny Dumont a raconté en algonquin, par l'entremise d'un interprète, que les circonstances du drame avaient encore des répercussions bien tangibles dans la communauté. « Beaucoup d'enfants l'ont vu, beaucoup de jeunes, qui ont beaucoup de difficultés aujourd'hui. Ils l'ont vu se faire poursuivre, se faire écraser, ç'a été un trauma. Ils ont eu beaucoup de difficulté à l'école, ces enfants », a-t-il déclaré.

Il a aussi déploré que le rapport du coroner, publié il y a quelques semaines, ne prenait pas, selon lui, suffisamment en considération la version de la communauté quant aux circonstances du drame.

Il a précisé n'avoir jamais pu consulter le rapport du coronner lors du décès de son fils, Johnny Dumont Junior, en 2009, ni pu obtenir d'explications satisfaisantes des autorités.

Le legs du colonialisme

Johnny Dumont a tenu à rappeler que les problèmes de consommation de drogues et d'alcool, qui expliquent en partie ces événements, ont débuté avec l'arrivée des allochtones.

Il a déploré devant le commissaire Viens qu'aucune accusation n'ait été portée contre les policiers par le Directeur des poursuites criminelles et pénales.

Malgré tout, il dit avoir réussi à faire la paix et vouloir vivre heureux, mais souhaiterait que ces drames ne se reproduisent plus. « Je suis venu ici parce que c'est un moyen pour moi de passer à travers. Je suis ici aussi pour parler de cela, afin que ma peine s'en aille aussi », a-t-il déclaré.

Des plaintes considérées comme moins importantes par la police?

Une citoyenne de Pikogan, Isabelle Mapachee, a témoigné en fin de journée. Elle a raconté qu'une plainte pour harcèlement qu'elle avait formulée auprès de la police n'aurait pas été prise au sérieux, selon elle, puisqu'elle est autochtone.

Lorsqu'elle travaillait en forêt, elle se serait fait barrer la route et intimider sérieusement par un chasseur, qui serait également un médecin. Elle a expliqué lors de l'audience qu'elle avait l'impression que, puisqu'elle est autochtone et considérant le statut social accordé aux médecins, sa plainte aurait été rejetée trop rapidement.

Lors de l'audience, elle a incité les membres des Premiers Peuples à libérer leur parole. « C'est à mon tour de tracer un chemin pour ma fille. Je veux qu'elle soit respectée pour ce qu'elle est. C'est une Anichinabée, j'aimerais ça qu'elle soit respectée dans ses droits et son identité. Pour moi, c'était important de venir livrer ce témoignage », a-t-elle affirmé, à la sortie de son témoignage.

Les audiences de la commission reprendront lundi prochain, à Val-d'Or.

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