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Le point sur la mobilisation de la communauté, un an après « la crise de Val-d'Or »

Cela fait un an que le reportage de l'émission Enquête sur les femmes autochtones disant avoir subi des abus de la part de policiers de Val-d'Or, était diffusé. Depuis, la communauté valdorienne s'est mobilisée pour améliorer les relations avec les Autochtones et aider les personnes les plus vulnérables.

Avec les informations d'Émélie Rivard-Boudreau

C'est le constat que faisait plus tôt cette semaine le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil.

La directrice générale de La Piaule, Anne-Marie Charland, considère aussi que ces révélations ont motivé les organismes communautaires à mieux collaborer entre eux et avec les autres intervenants.

« Ça a mené à la création d'un comité clinique qui se rencontre à chaque semaine, tous les intervenants de différents organismes, pour parler des cas les plus lourds. On a un comité directeur avec le directeur général adjoint du CISSS et d'autres organismes, comme la Sûreté du Québec, qui sont présents sur le comité. Le Comité plan de lutte à l'itinérance, avec la Ville de Val-d'Or, on se rencontre à chaque mois », explique Anne-Marie Charland.

Moins d'étudiants autochtones à l'université

Par contre, l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue a constaté une diminution du nombre d'étudiants autochtones cette année.

Le directeur du campus de Val-d'Or, Vincent Rousson, attribue cette diminution aux événements de l'an passé.

Il indique aussi que son organisation a effectué une grande réflexion sur l'accompagnement des étudiants autochtones.

« On travaille beaucoup aussi avec nos partenaires autochtones pour stabiliser tout ça et redevenir, à Val-d'Or, une place de choix pour enseigner. On a réfléchi, à la fois, à travers nos programmes, nos pratiques, les services aux étudiants... Dans la foulée des événements de l'an passé, on a accompagné nos étudiants qui étaient sur place, ici au campus, on a eu des moments d'échanges pour voir comment ils se sentaient. Ce qui nous a rassurés, c'est qu'elles nous disaient : "nous, on est contentes d'être ici à l'UQAT, on se sent bien, c'est comme une famille" ».

Une enquête sur les relations entre policiers et Autochtones au Québec réclamée

Femmes autochtones du Québec réclame toujours une enquête publique indépendante sur les relations entre les policiers et les Autochtones au Québec.

Un an après la « crise de Val-d'Or », une telle démarche n'a toujours pas été entreprise par le gouvernement du Québec.

La présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, considère peu crédible l'enquête en cours du Service de police de la Ville de Montréal qui enquête sur les allégations révélées dans le reportage d'Enquête.

« On donne à deux corps policiers de s'enquêter entre eux. Est-ce que ça, ça va être pertinent? Pour nous, ce n'était pas pertinent. On a toujours demandé une enquête indépendante pour les dénonciations des femmes, afin que ce processus soit quand même transparent et qu'on arrive aussi à éclaircir des choses sans camouflage, parce que ça nous a apporté l'émission, la deuxième émission d'Enquête, à émettre des doutes aussi sur le fonctionnement d'un système », a expliqué Viviane Michel.

Par ailleurs, Viviane Michel déplore que le gouvernement du Québec veuille inclure le sujet des abus policiers dans l'enquête nationale sur les femmes autochtones disparues ou assassinées.

Les Centres d'amitié autochtones du Québec réclament aussi une enquête publique indépendante.

Plus tôt cette semaine, le gouvernement du Québec avait lancé un Programme d'aide pour les Autochtones vivant en milieu urbain.

On apprenait aussi qu'une quarantaine de policiers de Val-d'Or ont intenté une poursuivent contre Radio-Canada et la journaliste de l'émission Enquête, Josée Dupuis, pour 2,3 millions $, relativement à la diffusion de ce reportage.

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