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Le temps d'obtention d'un diplôme s'étire au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue

Le temps nécessaire à l'obtention d'un diplôme au Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue est en augmentation. Cette tendance est observée depuis environ une quinzaine d'années, selon le directeur du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue, Sylvain Blais.

Une tendance panquébécoise

Selon le dossier « Qu'est-ce qui cloche au cégep? » publié par le quotidien La Presse, la proportion de cégépiens qui terminent leur formation dans les temps nécessaires a diminué depuis 10 ans. Le taux d'obtention de diplôme s'est à peine amélioré chez les garçons, alors qu'il a chuté chez les filles. Dans certaines régions, on observe une diminution dépassant les 5 %, tous sexes confondus. C'est le chercheur Michel Perron, sommité dans le domaine de la persévérance scolaire, qui a partagé son analyse avec La Presse.

Toujours selon ces données, le taux de diplomation des étudiants du Cégep de l'Abitibi-Témiscamingue en 2 ans est de 60,7 %.

Travail et résultats

Le directeur du cégep affirme que « l'étudiant arrive en nous disant d'emblée : "Mes sciences, je ne les ferai pas en 2 ans. Je veux étaler ça sur 3 ans, 4 ans". » Selon lui, deux éléments peuvent expliquer la tendance qui s'observe depuis une quinzaine d'années.

Premièrement, « la conciliation travail-étude. Beaucoup de nos étudiants travaillent. On sait qu'au niveau de la persévérance scolaire, de travailler entre 8 et 15 heures par semaine, ça peut même amener un effet bénéfique parce que l'étudiant est obligé de mieux s'organiser. Mais lorsqu'il dépasse ce nombre d'heures, autour de 15 heures, ça a une influence directe sur la réussite et la persévérance. »

Plusieurs de nos étudiants travaillent en même temps et je dirais même que presque la totalité de nos étudiants travaille en même temps.

Sylvain Blais

Deuxièmement, Sylvain Blais note que « plusieurs étudiants qui veulent obtenir les résultats qu'ils souhaitent pour pouvoir aller à l'université dans le programme qu'ils souhaitent, ils vont faire le choix de prolonger leur programme pour mieux s'appliquer dans les cours qu'ils sont en train de suivre, de manière à avoir de meilleurs résultats et donc une meilleure cote R pour pouvoir rentrer danse les facultés contingentées à l'université. »

Anxiété de performance

Cependant, il souligne que ce dernier phénomène cause beaucoup d'anxiété de performance. « Nos jeunes filles sont plus visées par cet élément-là. La volonté de vouloir bien performer prend de plus en plus de place aujourd'hui. Beaucoup d'étudiantes et d'étudiants font des crises d'anxiété », déplore-t-il.

Le directeur du cégep invite les parents de futurs étudiants à ne pas craindre que le processus d'étude de leurs enfants s'étire. « L'offre de formation a grandement augmenté. L'étudiant a de plus en plus de choix. De 35 à 40 % de nos étudiants changent de programme en cours de route. Dès l'instant où ils changent de programme, ils viennent de rallonger [leur parcours] », dit-il.

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