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Le temps presse pour l'usine de Fortress Paper à Lebel-sur-Quévillon

L'avenir de l'usine de Fortress Paper à Lebel-sur-Quévillon se décidera d'ici le 4 juillet alors que l'entreprise se fixe un délai de deux semaines pour évaluer tous les scénarios pour la relance de l'usine fermée depuis 2008, une situation qui fait beaucoup de bruit au conseil municipal de la municipalité du Nord-du-Québec d'un peu plus de 2000 habitants.

Avec les informations de Claude Bouchard

L'ancienne usine de Domtar a cessé sa production en 2005, avant d'être fermée définitivement en 2008. En 2012, Fortress Paper en a fait l'acquisition avec l'intention de produire de la pâte cellulosique, un produit utilisé pour la fabrication de rayonne. Mais la relance de l'usine a été compromise par l'imposition, en novembre 2013, d'une taxe chinoise de 23 % sur l'importation de pâte cellulosique.

Pendant la même période, soit entre les deux derniers recensements du gouvernement fédéral en 2006 et en 2011, la population est passée de 2729 à 2159 habitants, soit une perte de 570 résidents, l'équivalent de 20 % du village. 

« Il faut comprendre que nous, depuis trois ans, on maintient cet actif-là, explique le vice-président du développement des affaires et projets stratégiques de Fortress Paper, Marco Veilleux. On a une équipe réduite qui est là et on est rendu à 44 millions [de dollars] investis dans le site. »

Différents scénarios à l'étude

La vente de l'usine fait partie des options envisagées par Fortress Paper. L'entreprise est aussi en attente pour savoir si le Canada remportera sa cause devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en ce qui concerne la taxe chinoise imposée sur l'importation de pâte cellulosique.

Un autre scénario serait de relancer la production, mais pour de la pâte kraft. Domtar exige toutefois à tout nouvel acquéreur de l'usine de ne pas produire plus de 100 000 tonnes de pâtes Kraft annuellement, et ce, pour une période de huit ans. Si cette condition n'est pas levée, la compagnie pourrait décider de préserver les installations en produisant 12 à 15 mégawatts d'électricité à partir de la biomasse en attendant la fin du délai.

Le temps presse

Dans tous les cas, Fortress Paper souhaite un dénouement d'ici la fin du mois de juin. Le conseiller municipal Gérald Lemoyne est conscient que le temps presse.

« Moi, je vais y travailler pour qu'on puisse arriver avant la fin du mois de juin avec des choses qui vont permettre [la relance], assure le conseiller. Je ne dis pas que l'usine va rouvrir au début juillet, mais [je parle de choses] qui vont permettre de continuer [le travail] et d'espérer qu'on ait un départ de cette usine à moyen terme. »

Une question qui rebondit au conseil municipal

Devant une trentaine de citoyens présents à la séance régulière du conseil municipal de Label-sur-Quévillon cette semaine, Gérald Lemoyne a d'ailleurs fait le point sur les démarches qu'il a amorcées depuis sa réélection pour le redémarrage de l'usine.

Élu à la fin mai, le nouveau conseiller qui a déjà occupé les fonctions de maire, s'était donné pour mandat de faire avancer ce dossier sans avoir discuté au préalable avec le conseil municipal en place. Le maire actuel se questionne sur le rôle de Gérald Lemoyne, qu'il a récemment accusé de faire cavalier seul, auprès de Fortress Paper. Alain Poirier souligne qu'il a quand même pu faire le point devant la population sur ses avancées depuis sa réélection.

« On a laissé toute l'opportunité à M. Lemoyne d'expliquer son projet et on a laissé évidemment l'opportunité aux citoyens de poser toutes les questions qu'ils avaient à poser », explique Alain Poirier.

Lemoyne réitère qu'il n'a pas les mains liées par Fortress Paper

Gérald Lemoyne assure ne pas avoir de mandat de la papetière Fortress. Élu avec 93% des voix, il mentionne cependant avoir un mandat de la population.

« Je ne suis pas, mais vraiment pas le porte-parole de Fortress, je n'ai aucun mandat de Fortress, assure-t-il. Je paie des dépenses de ma poche à moi actuellement, des démarches que je fais de mon propre [gré]. C'est moi qui paie pour mes dépenses. Je devrais aller à Québec la semaine prochaine, je vais payer de mes poches et il n'y a pas personne qui va me rembourser mes dépenses. »

Fortress Paper se donne jusqu'au 4 juillet pour prendre sa décision finale quant à l'avenir de cette usine.

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