Retour

Lecture d'été : Captive, un roman pour ados sur les traces des Khmers rouges au Cambodge

L'auteure originaire d'Amos Élizabeth Turgeon plonge dans le « terrible génocide » perpétré au Cambodge par les Khmers rouges à la fin des années 1970 dans le cadre de son neuvième roman pour adolescents intitulé Captive et paru ce printemps aux Éditions Hurtubise. 

Au cours de la saison estivale, notre chroniqueuse culturelle Vanessa Limage vous propose de découvrir quelques ouvrages écrits par des auteurs originaires d'Abitibi-Témiscamingue.

D'après une chronique de Vanessa Limage

C'est à un rendez-vous historique avec le régime du dictateur Pol Pot, qui a régné sur le Cambodge de 1975 à 1979, que sont conviés les adolescents à travers Captive, roman d'aventure au ton haletant. Au centre de l'histoire, Alice, venue retrouver son amoureux Jonathan, un chanteur d'opéra que le travail amène en Asie du Sud-Est. Dès la première page, l'adolescente de 16 ans est kidnappée sur les lieux du temple d'Angkor Wat.

« Alice, une jeune Québécoise, va retrouver son copain qui travaille sur le site d'Angkor avec son oncle, explique l'auteure, qui s'est inspirée de ses propres pérégrinations pour mettre en mot ce récit. Et alors qu'ils visitent le site archéologique, elle est kidnappée. Alice se réveille dans une hutte, elle a les pieds et les poings liés. Pourquoi, elle ne le sait pas encore, elle va le savoir beaucoup plus tard. »

Utiliser la trame historique pour parler d'enjeux contemporains

À travers cette trame en terrain miné - l'auteur dit avoir eu de la difficulté à vivre la violence silencieuse de ce pays où l'on croise encore des militants en uniforme et où plusieurs personnes doivent vivre leur quotidien avec un bras ou une jambe en moins -, on remonte le fil historique de ce pays au passé radical communiste douloureux, pour expliquer des enjeux plus contemporains.

Turgeon aborde entre autres les mécanismes de l'endoctrinement, où la succession des sentiments de peur, d'espoir et de culpabilité rappelle l'engagement de certains jeunes d'aujourd'hui pour un combat militaire qui se déroule à des milliers de kilomètres de chez eux. 

« C'est de montrer aux adolescents et aux adolescentes comment ça se passe l'endoctrinement. Comment il se fait qu'un moment donné, des gens perdent totalement la tête et vont adopter une idéologie, comme dans le cas des Khmers rouges », explique l'auteur, avant d'insister sur les conséquences de ce côté sombre de l'histoire de ce pays où on estime que 21% de la population a trouvé la mort, selon le programme d'étude sur le génocide cambodgien de l'Université Yale.

S'évader à peu de frais

« Pour moi, l'aventure, c'est le plus important. À partir du moment où vous ouvrez le livre, vous n'êtes pas supposé avoir envie de le fermer et c'est ce qu'on m'a dit de Captive, poursuit l'auteure, précisant que l'écriture suit la même logique rythmique avec des chapitres courts. L'apprentissage qu'on peut en avoir va se faire de façon informelle, par à-côtés. Le lecteur ne se rend pas vraiment compte, c'est quand il ferme le livre qu'il sait ce qui s'est passé là-bas, il a une vue du Cambodge. »

Plus d'articles

Commentaires