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Légalisation d'Airbnb : un projet qui ne fait pas que des heureux en Abitibi-Témiscamingue

Selon le quotidien Le Soleil, le gouvernement du Québec présentera cet automne un projet de loi pour légaliser l'hébergement de type Airbnb, de plus en plus populaire dans la région. Mais avant même qu'il ne soit déposé, le projet de loi suscite des inquiétudes en Abitibi-Témiscamingue.

Un article de Vanessa Limage

En Abitibi-Témiscamingue, près d'une trentaine de personnes offrent leur appartement, leur maison ou leur chalet en location sur le site Internet Airbnb. Le Rouynorandien Jean-Daniel Nieminen fait partie du nombre. Il propose une petite chambre de son condo via le site Internet Airbnb. Celui qui utilise aussi les services d'Airbnb lorsqu'il voyage croit qu'il est normal que le gouvernement du Québec légifère sur l'hébergement alternatif.

« Bien je pense que ça peut à certains niveaux concurrencer les autres types d'hébergement comme les hôtels qui eux ont à payer des taxes, c'est sûr qu'à mon niveau, c'est seulement une chambre, mais je sais que moi j'ai déjà utilisé le service en Afrique du Sud et je me suis rendu compte que c'était vraiment une organisation donc ils louaient plusieurs appartements, plusieurs chambres, donc je crois qu'ils doivent avoir les mêmes règles du jeu que les autres », estime-t-il.

Projet de loi incomplet

Le vice-président de l'Association des hôteliers de l'Abitibi-Témiscamingue croit cependant que le gouvernement du Québec ne va pas assez loin avec ce qui a filtré du projet de loi.

Le vice-président de l'Association des hôteliers de l'Abitibi-Témiscamingue croit que cette concurrence déloyale fait mal à l'industrie hôtelière. Jean-Pier Frigon attribue même une partie de la diminution du taux d'hébergement de 5 à 10 % dans la région cette année, à ce type d'offre d'hébergement de plus en plus populaire. Il croit que le projet de loi ne doit pas uniquement viser les propriétaires immobiliers qui achètent un endroit pour le louer sur une base régulière.

« Nous, on est en train, notre association de remonter un dossier d'envoyer à la ministre pour dire ''non, la nouvelle loi que vous faites, vous ne devez pas la faire avec les mêmes défauts que l'ancienne que vous êtes en train de remplacer'', illustre-t-il. Vous devez réglementer à 100 % l'hébergement chez des particuliers. »

Chez Tourisme Abitibi-Témiscamingue (TAT), on s'interroge aussi sur la mise en oeuvre du projet de loi. « Comment vont-ils déterminer ''occasionnel'' ou ''entreprise'', ça je ne peux pas y répondre », soutient la directrice générale de TAT, Randa Napky. 

Contacté pour répondre à nos questions, le bureau de la ministre du Tourisme, Dominique Vien, n'a voulu émettre aucun commentaire.

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