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Les agriculteurs de la région craignent l'abolition du programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles

Les agriculteurs de la région sont inquiets de l'avenir du programme d'assurance stabilisation des revenus agricoles (ASRA), un programme qu'ils qualifient « d'essentiel pour le développement du secteur agricole ».

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Plus de 200 d'entre eux ont répondu à l'appel de l'Union des producteurs agricoles (UPA) et sont venus manifester leur mécontentement devant les bureaux du ministre responsable de la région, Luc Blanchette, lundi après-midi.

Ils craignent que les recommandations du rapport Pronovost, qui recommandait à la fin des années 2000 d'abolir l'ASRA, ne soient appliquées par le gouvernement.

« [Le gouvernement] demande à des producteurs de maïs, de soya, de pommes et de pommes de terre de choisir entre les programmes bonifiés d'Agri [de la Financière agricole du Québec] avec de gros montants d'argent en réserve et un programme d'ASRA qui a été dénaturé, fait valoir le président régional de l'UPA, Sylvain Vachon. Si on applique ça, on sort la moitié des producteurs de l'ASRA. Et là, ce qu'on entend de la part de personnes à la Financière agricole, c'est qu'ils proposeraient aussi aux fermes de petite taille de se retirer des programmes d'ASRA. »

Le président des producteurs de bovins de l'Abitibi-Témiscamingue, Stanislas Gachet, donne pour sa part la mesure de l'importance d'un programme comme l'ASRA pour les producteurs de la région.

« C'est relativement simple : on est capables de prévoir notre revenu global de l'entreprise année après année, à peu de choses près, on est capables de planifier et de prévoir quelque chose dans le temps, explique le producteur de veau d'embouche établi à Notre-Dame-du-Nord au Témiscamingue. Si on nous enlève ça, il n'y aura plus de prévisions possibles. »

Sylvain Vachon dit attendre un appel du député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue pour lui expliquer les implications de l'abolition de l'ASRA. Il souhaite que Luc Blanchette fasse valoir ces revendications au sein du conseil des ministres. Il n'a pas été possible de discuter de cet enjeu avec ministre responsable de la région. 

Les grandes centrales syndicales en appui

D'autres syndicats qui ne sont pas présents dans le secteur agricole sont également venus porter leur appui à l'UPA, aux Producteurs de grains, au Syndicat de la relève agricole, au Syndicat des producteurs de bovins et aux producteurs de lait d'Abitibi-Témiscamingue qui organisaient la marche. 

« Je suis ici présent parce que je pense que c'est un secteur fort important de notre économie, soutient le conseiller régional de la FTQ, Gilles Chapadeau. Ce gouvernement-là manque de vision. On est bien loin de la souveraineté alimentaire de François Gendron. On met en danger l'agriculture de proximité », poursuit l'ancien député du Parti québécois. 

« C'est eux autres qui font la stabilité d'emploi le plus dans nos régions comparativement à d'autres secteurs - secteur minier, secteur forestier -, [ce sont] toujours des emplois qui se maintiennent d'année en année, croit pour sa part le président du Conseil central de l'Abitibi-Témiscamingue de la CSN, Donald Rheault. Mais là, il y a des dangers, il y a des situations qui perdurent présentement et on est en péril au niveau de l'agriculture en Abitibi-Témiscamingue. »

Le député d'Abitibi-Ouest, François Gendron, a aussi offert son appui aux producteurs agricoles par voie de communiqué. 

Les producteurs laitiers solidaires

Des producteurs laitiers de la région, même s'ils ne sont pas soumis à l'ASRA, tenaient aussi à être présents, par solidarité. Certains d'entre eux ont profité de la manifestation pour demander à Ottawa de régler l'enjeu du lait diafiltré importé des États-Unis.

« C'est par solidarité que je suis venu pour l'ASRA ici, assure le propriétaire d'une ferme à , Sylvain Dennommé. Moi, ce que je voudrais faire passer comme message, c'est que les consommateurs peuvent venir nous aider en tant que producteurs laitiers en exigeant le logo de la petite vache [où il est inscrit] 100% Canadien. »

Il y a une dizaine de jours, le cabinet du ministre fédéral de l'Agriculture et de l'Agroalimentaire, Lawrence MacAulay, avait mentionné que ce dossier était considéré comme une priorité par le ministre.

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