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Les élus de La Motte aident Sayona Québec à éviter le BAPE

Les élus du conseil municipal de La Motte ont adopté à l'unanimité, lundi soir, une résolution d'appui au projet minier Authier de Sayona Québec, et ce, à la veille d'une rencontre entre la minière et le ministère de l'Environnement.

Un texte de Thomas Deshaies

« Étant donné que [les représentants de la minière] rencontraient la ministre aujourd'hui, c'est un appui qu'on a fait pour leur donner la possibilité de faire [le projet minier], sans le BAPE », explique le maire suppléant, Réjean Richard.

Rappelons qu'à la suite des consultations publiques, où des dizaines de citoyens ont réclamé que le projet Authier soit soumis à la Procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement, incluant une analyse par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), la ministre avait envoyé un communiqué on ne peut plus clair. Si le promoteur ne demande pas un BAPE, elle recommandera au gouvernement de lui imposer, en vertu d'un nouvel article de la Loi sur la qualité de l'environnement.

Les élus, qui s'étaient déclarés « neutres » jusqu'à présent, ont donc changé leur fusil d'épaule. M. Richard affirme que c'est en raison de l'analyse par la municipalité du rapport de l'hydrogéologue ayant mené l'étude pour Sayona et d'une consultation auprès des représentants du ministère.

Les élus craignent que la minière redéfinisse son projet pour faire un projet de plus grande ampleur s'ils sont dans l'obligation de se soumettre au BAPE. « Si ça va au BAPE, nous autres, on n'a plus de contrôle, on ne peut plus rien dire puis ça peut aller jusqu'à 3000 ou 4000 tonnes », croit M. Richard.

Aucune rencontre publique

Les élus de La Motte avaient annoncé vouloir organiser une consultation publique, qui n'a pas eu lieu à ce jour. Une rencontre aura toutefois lieu le 28 août prochain.

Cependant, le maire suppléant affirme que la municipalité a pris connaissance de l'opinion des citoyens « sur le terrain », avant d'annoncer son appui. « La grande majorité silencieuse, le projet, c'est quelque chose qui ne les énerve pas », croit-il.

Le maire suppléant croit que la position de la municipalité est dans l'intérêt de la municipalité. « Ce sera très rentable pour la municipalité de La Motte », souligne-t-il.

L'analyse du projet par la Société de l'eau souterraine de l'Abitibi-Témiscamingue (SESAT), qu'attend notamment le maire d'Amos, Sébastien D'Astous, n'a toujours pas été complétée. Le maire suppléant de La Motte estime que l'analyse prend trop de temps et que c'est pour cette raison que les élus n'ont pas attendu les résultats. « Ils devraient se prononcer, dire si les études sont bonnes ou pas bonnes. Ils ont les papiers depuis le 18 mai, je pense que ça fait un bout de temps », s'exclame-t-il.

Le Comité citoyen déplore la décision des élus

« On voit très bien que le conseil municipal de La Motte marche main dans la main pour la réalisation le plus rapidement possible de ce projet, alors que si on écoute les citoyens dans les assemblées, ils veulent tout le contraire », déplore le porte-parole du Comité citoyen de protection de l'esker, Rodrigue Turgeon.

Le porte-parole du Regroupement vigilance mine de l'Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT), Marc Nantel, déplore que les élus aient choisi de prendre une décision sans consulter plus officiellement la population. « Quand on est dans une situation où on sait que le projet aura un impact sur toute une région et pas seulement le village, il aurait été pas mal plus opportun de faire une consultation en bonne et due forme », estime M. Nantel.

Rodrigue Turgeon a confiance que la ministre de l'Environnement ne pliera pas face à Sayona Québec.

Le BAPE ne prendrait que six mois, selon Sayona Mining

Rodrigue Turgeon estime qu'il est d'autant plus pertinent de tenir des consultations indépendantes lorsqu'on « constate le double discours de Sayona Mining ». Dans un document publié le 5 juillet et destiné aux investisseurs, le directeur Dan O'Neil écrit que le processus du BAPE ne prendrait que six mois.

Or, les représentants de Sayona Québec ont affirmé lors des consultations publiques tenues en Abitibi-Témiscamingue que le processus serait plutôt de deux à trois ans. « Ils répondaient toujours que ce serait trop long, alors qu'au final, les actionnaires sont assurés que ce ne sera pas si long que cela. Dans ce contexte, pourquoi le conseil municipal ne veut pas passer par cela, c'est à n'y rien comprendre », conclut M. Turgeon.

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