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Les jeunes des régions votent de moins en moins aux élections

Une étude comparative sur la participation électorale des Québécois de 18 à 34 ans conclut que les jeunes sont de moins en moins enclins à voter. C'est le constat d'une étude réalisée par la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval en partenariat avec le Directeur général des élections.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Le vote des jeunes par les chiffres

En 1985, les électeurs de 18-34 ans issus de l'Abitibi-Témiscamingue et du Nord-du-Québec se sont prévalus de leur droit de vote dans une proportion de 55 %.

Près de trente ans plus tard, cette proportion avait glissé à un peu plus de 42 %, soit un glissement de près de 13 %.

En comparaison, les 18-34 ans de l'ensemble de la province ont voté dans une proportion de 54, 8 % aux dernières élections.

Une piste de réponse

Le titulaire de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires de l'Université Laval est surpris de ces résultats, qui sont contraires à l'hypothèse de départ.

Selon François Gélineau, le phénomène s'explique peut-être dans la migration des jeunes vers les grands centres urbains.

Le chercheur ajoute que l'intérêt des jeunes des régions pour la politique est peut-être moins important.

François Gélineau indique qu'il faudrait travailler sur ces deux fronts pour renverser la tendance.

« Est-ce qu'on ne pourrait pas trouver une façon de faciliter le vote des jeunes habitant en région. Une autre piste est liée à la variable intérêt politique, et ça peut-être que ça interpelle davantage les partis politiques, peut-être qu'il faut parler dans les campagnes des enjeux qui touchent les jeunes dans les régions », préconise le chercheur.

Le directeur général des élections grandement interpellé

L'Abitibi-Témiscamingue et le Nord-du-Québec arrivent en queue de peloton, alors que seuls les jeunes de la Côte-Nord ont été proportionnellement moins nombreux à voter, avec un taux de participation légèrement supérieur à 41 %.

Le Directeur général des élections du Québec, Pierre Reid, s'est dit « grandement interpellé » par cette situation, ajoutant que ces données confirment la nécessité de poursuivre les efforts pour favoriser la participation électorale des jeunes.

Ce constat survient alors qu'en 2018, lors de la prochaine élection provinciale, les 18-34 ans représenteront le tiers de l'électorat ; une première au Québec.

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