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Les régions demeurent éradiquées de la carte médiatique du Québec selon Influence Communication

Les régions demeurent éradiquées de la carte médiatique du Québec selon les résultats publiés dans le Bilan 2016 État de la nouvelle d'Influence Communication. En 2015, on constatait la disparition lente des régions dans le paysage médiatique. En 2016, la tendance se maintient.

Trump domine

L'élection de Donald Trump est la nouvelle qui a eu le plus de poids médiatique en 2016 dans la province. « Non seulement c'est la nouvelle de l'année au Québec, mais c'est la même chose au Canada et à travers le monde, et pour vous donner une idée, si on mettait ensemble, dans les 24 heures qui ont suivi l'élection de Trump, tout ce qui a été publié dans les journaux, on pourrait remplir tous les journaux du Québec pendant plus de 12 ans, 7 jours sur 7 », illustre Jean-François Dumas, président et fondateur d'Influence Communication.

Ça a été une des grandes nouvelles de l'histoire contemporaine de nos médias.

Jean-François Dumas

« Le discours de Trump à l'égard des médias s'inscrit bien dans une tendance qu'on appelle post-factuelle : on n'explique pas les choses, on ne base pas les raisonnements sur le rationnel, on fait de grands énoncés très forts [...] Ça s'inscrit un peu dans la "génération du 140 caractères" où on dit très peu de choses. On va télégraphier des idées sans les expliquer », résume M. Dumas.

La peur omniprésente

Influence Communication observe également que « depuis 15 ans, pas juste aux États-Unis, dans le monde, mais au Québec, la peur s'est accrue comme vecteur d'intérêt, en termes de moteur d'intérêt pour l'information de 300 % à peu près de sorte qu'en 2016, près de 40 % de nos nouvelles sont essentiellement basées sur la peur. On a peur des épidémies, on a peur du terrorisme, on a peur de l'immigration, de Trump. On n'a jamais pourtant vécu dans une société aussi sécuritaire que ce qu'on connaît aujourd'hui, mais les médias ne nous ont jamais fait autant peur qu'aujourd'hui. »

Le sport demeure le principal thème abordé dans les médias au Québec, avec les nouvelles concernant le Canadien de Montréal largement en tête avec 72 % de l'intérêt.

Aucune chance pour les régions

Face à Donald Trump et à l'échange de PK Subban, les régions n'ont eu que peu de chances de faire parler d'elles. La tendance observée en 2015, voulant que les régions disparaissent de la carte médiatique « se confirme, c'est la même chose, affirme Jean-François Dumas. Plus que ça, les francophones hors Québec génèrent tellement peu d'intérêt que lorsqu'on prend quotidiennement la place accordée aux francophones hors Québec, ça représente à peu près l'équivalent de l'horoscope. »

« Que ce soit de Vancouver à St-Jean de Terre-Neuve comme de Gaspé à Gatineau, on assiste à ce qu'on appelle un phénomène de "McDonaldisation" de l'information, continue-t-il. C'est la même nouvelle qu'on voit un peu partout. Les particularités régionales, les communautés culturelles, ce qui se passe en région, ça n'intéresse pas les grands médias. »

Ce qui se passe chez vous, ça va rester chez vous parce que l'ensemble des médias s'y intéresse peu ou pas.

Jean-François Dumas

Pour gagner du terrain, les régions devraient plaire à Montréal. « Dans les grands centres, quand on veut s'intéresser aux régions, de plus en plus, on va chercher un lien avec Montréal. Pour qu'à Montréal on parle de ce qui se passe chez vous, il faut qu'il y ait un intérêt pour les Montréalais, sinon, on ne s'y intéresse pas, constate-t-on chez Influence Communication. C'est un peu désarmant, mais c'est la tendance qui s'inscrit dans ce phénomène et qui se confirme année après année dans l'ensemble des médias. »

En 2015, la crise de Val-d'Or se retrouvait au top 50 des nouvelles ayant eu le plus grand poids médiatique au Québec. En 2016, aucune nouvelle de l'Abitibi-Témiscamingue ne s'y retrouve. « Il y a très très peu de choses qui touchent votre région dans l'ensemble du palmarès », confirme M. Dumas.

Influence Communication observe aussi que la place des femmes dans les médias ne s'est pas améliorée. Seules huit femmes se retrouvent au top 50 des personnalités les plus vues dans les médias.

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