Retour

Les ressources naturelles : un enjeu primordial en Abitibi-Témiscamingue

À une trentaine de jours du scrutin du 19 octobre prochain, Radio-Canada a décidé de prendre le pouls des candidats de la région sur le secteur primaire, qui est à la base de l'économie de l'Abitibi-Témiscamingue. Mines, forêts : comment se positionnent les candidats à l'élection fédérale sur ces enjeux?

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Les industries minières et forestières ont des attentes pour les prochains élus des élections fédérales. L'Association d'exploration minière du Québec (AEMQ) aimerait entendre les candidats prendre des dispositions pour mettre en place les conditions favorables à l'investissement minier. « Ce qu'on souhaite, c'est que les différents partis prennent conscience de l'importance des filières minérales provinciales pour l'ensemble du Canada. Donc, c'est important, c'est un secteur assez primordial et stratégique du pays », souligne Valérie Fillion, directrice générale de l'AEMQ. 

Elle évoque notamment les dispositions fiscales, notamment des crédits d'impôt pour favoriser l'exploration ou encore pour faciliter la consultation des différents intervenants dans la démarche d'acceptabilité sociale avant l'exploitation d'une mine. Elle parle aussi d'infrastructures, comme la construction de routes.

Plusieurs attentes en foresterie

Parmi les autres éléments de compétence fédérale évoqués, on peut citer le soutien à la recherche et au développement. L'innovation et l'aide à la recherche et au développement sont aussi évoquées par l'industrie forestière. Il y a d'ailleurs de la recherche qui se fait à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, qui concerne la synergie entre ces deux industries, par exemple l'utilisation de résidus forestiers pour recouvrir des sites miniers.

Le directeur de la foresterie et de l'approvisionnement du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Yves Lachapelle, insiste sur la modernisation de l'industrie forestière, ainsi que sur l'accès aux marchés américains pour le bois d'oeuvre résineux, dans le contexte où la prolongation de l'accord entre le Canada et les États-Unis prend fin à peine une semaine avant les élections. « On a vécu entre le Canada et les États-Unis quatre grandes guerres commerciales depuis le début des années 1980. Ça limite l'accès au marché américain pour le bois d'oeuvre résineux canadien. Il faut arriver à trouver une solution, négocier un nouvel accord, qui va être équilibré pour l'ensemble du pays », explique le directeur de la foresterie et de l'approvisionnement du Conseil de l'industrie forestière du Québec, Yves Lachapelle.

Il parle aussi d'améliorer la connaissance sur les espèces en voie de disparition, comme le caribou forestier. Il cite entre autres le plan fédéral de rétablissement du caribou forestier qui, selon lui, a des impacts considérables et néfastes sur l'industrie et qu'il faudrait considérer du point de vue du développement économique.

M. Lachapelle aimerait aussi entendre parler de mesures concrètes et substantielles pour permettre la récolte rapide de volumes de bois atteints par l'épidémie de la tordeuse des bourgeons de l'épinette, ce qui est fait en ce moment n'est pas suffisant, croit-il.

Parti libéral du Canada (PLC)

La candidate libérale dans Abitibi-Témiscamingue, Claude Thibault, se présente comme « LA candidate du développement économique ».

Selon elle, Ottawa doit reconnaître la contribution de la région au développement économique du Canada. C'est d'ailleurs ce qui l'a incitée à se lancer en politique.

La candidate croit que le développement des infrastructures comme les routes et les télécommunications contribuera à cette reconnaissance. 

Elle considère que le fédéral doit investir dans le développement du Nord-du-Québec, comme il l'a fait dans le nord de l'Ontario dans le cadre du Cercle de feu. Pour les forêts, Claude Thibault croit que dans le contexte de transformation de l'industrie, il faut tirer avantage des programmes fédéraux en place pour la recherche et le développement.

Selon elle, avec le taux de change, le Québec et l'Ontario sont en bonne posture pour le renouvellement de l'entente sur le bois d'oeuvre.

« Les défis avec lesquel on fait face avec notre Plan Nord, qui n'a eu aucun support du fédéral depuis l'annonce en 2012. C'est rendu inacceptable dans un contexte où on a 50 % des investissements miniers au Québec qui viennent à partir de la région. Et ça, c'est exactement le mandat que je vais chercher. Mes priorités, c'est d'une part, d'investir dans les infrastructures qui vont nous permettre d'aller chercher nos ressources naturelles, parce présentement, ça stagne, et dans un deuxième temps, au niveau de la forêt, on va appuyer toutes les démarches dans la recherche et de l'innovation qui va permettre à notre secteur de reprendre la vitesse de croisière qu'il a connue il y a quelques années », affirme la candidate libérale Claude Thibault. 


Nouveau parti démocratique (NPD)

Le candidat néo-démocrate dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou, Romeo Saganash, reconnaît l'importance des ressources naturelles pour la région et croit qu'il faut soutenir la base de l'économie, qui est soumise aux fluctuations du marché. Pour le député sortant, le gouvernement doit donc donner un coup de pouce à ces industries lors de creux de vague. Romeo Saganash cite notamment les crédits d'impôt pour l'exploration minière qui sont en place. Pour la forêt, Romeo Saganash fait valoir qu'il faut investir dans le renouvellement de l'industrie, comme le fait le fédéral dans le secteur de l'automobile.

Romeo Saganash est le seul candidat qui a évoqué les droits des Autochtones parmi les enjeux économiques. Il parle aussi de la diminution du taux d'imposition aux petites et moyennes entreprises, car le NPD recommandait depuis plusieurs années de faire passer ce taux de 11 % à 9 %.

« Nous voulons investir dans l'innovation, la transformation, appliquer des crédits d'impôt à l'innovation et baisse du taux d'imposition des petites et moyennes entreprises de 11 % à 9 %. Je pense que dans tout ce débat, ces discussions, autour des ressources naturelles, il ne faut jamais oublier l'élément "droits des Autochtones", parce qu'ils vont avoir une importance de plus en plus grande pour l'avenir », a-t-il souligné. 

Parti conservateur

L'économie est souvent à l'avant-plan du discours conservateur et le candidat dans Abitibi-Baie-James-Nunavik-Eeyou défend le bilan du gouvernement au chapitre des ressources naturelles. Steven Hébert cite le Plan pour le développement responsable des ressources naturelles depuis 2006. Il parle aussi des investissements pour la diversification de l'industrie forestière en évoquant par exemple la venue du ministre Lebel pour la consolidation des emplois à l'usine Uniboard de Val-d'Or.

Le Parti conservateur n'a pas encore dévoilé son cadre financier, mais mise aussi sur l'exploration minière en ce qui a trait aux ressources naturelles. « On peut s'attendre à ce qu'on continue de favoriser l'exploration minière, alors ça, ça va vraiment aider pour une région comme la nôtre parce qu'on le sait, oui, il y a des mines aujourd'hui, mais il faut continuer à faire de l'exploration pour le futur. Et la diversification de l'industrie forestière. Parce qu'on le dit souvent, lorsque ça vient à l'industrie forestière, ce n'est pas juste l'idée de faire du 2 X 4, mais aussi de faire des nouveaux produits innovateurs qu'on peut exporter partout dans le monde, là où il y a des besoins », indique Steven Hébert. 

Bloc québécois
Pour le Bloc québécois, on dit vouloir assister le développement de l'industrie forestière, ici, avec les idées novatrices développées par les entreprises de la région pour la deuxième et la troisième transformation, tout en apportant du soutien aux travailleurs affectés par le changement de l'industrie. On parle aussi d'hydroélectricité, d'éolien et de biomasse.

Plus d'articles

Commentaires