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Les syndicats s'inquiètent d'un déménagement de la production de l'eau Eska vers Montréal

Les représentants syndicaux d'Unifor et de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dénoncent la décision de l'entreprise Eaux Vives Water, propriétaire de la marque Eska, de déménager une partie de l'embouteillage de son eau à l'extérieur de la région.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard

Ils ont réagi, jeudi matin, à Amos, au transfert de l'embouteillage des produits de format d'un litre gazéifié d'Eska et d'autres produits en verre vers Montréal.

En début de semaine, la compagnie a affirmé devoir prendre cette décision par manque d'espace dans son usine de Saint-Mathieu-d'Harricana.

Le représentant national d'Unifor, Ronald Nantel, déplore que cette expansion ne crée pas des emplois dans la région. « Ça représente 5 % de la production le gazéifié. On a évalué ça rapidement, et on pense que ça représente une dizaine d'employés par quart de travail, au moins une quarantaine d'employés, sans que ça ait pris de l'expansion tant que ça. C'est un marché qui est en croissance, le gazéifié et le gazéifié à saveur. C'est ce que l'employeur nous dit d'ailleurs ».

Quand on puise nos ressources naturelles, on veut que les communautés environnantes puissent en bénéficier et ce n'est pas le cas.

Gilles Chapadeau, représentant régional de la FTQ

Le représentant régional de la FTQ, Gilles Chapadeau affirme que l'eau des eskers est une ressource naturelle régionale et qu'elle doit d'abord bénéficier aux communautés locales et environnantes. « C'est ce qu'on dénonce. On espère que la communauté et les gens d'affaires vont réagir et vont faire savoir à l'entreprise leur désaccord », souligne-t-il.

Chambre de commerce déçue, mais rassurée

On trouve inconcevable qu'on transporte l'eau par citerne et qu'on crée des emplois à Montréal.

Normand Gauthier, président de la Chambre de commerce et d'industrie du Centre-Abitibi

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie du Centre-Abitibi a dit être a priori « déçu » par l'intention d'Eaux vives water. Normand Gauthier a cependant été rassuré par sa rencontre avec l'entreprise, qui juge la ligne d'embouteillage d'eau gazéifiée déficitaire et voit son retrait comme une opportunité.

« Ça libère de l'espace pour une chaîne de production différente, ça va permettre d'agrandir la chaîne de production, par exemple pour le 4 litres, où depuis l'année passée, ils ne sont pas capables de produire la quantité que les fournisseurs voulaient. Ils vont passer de 500 000 caisses, à deux millions de caisses », rassure-t-il.

Malgré notre passage à l'usine d'Eaux vives Water à St-Mathieu d'Harricana, il n'a pas été possible d'obtenir les commentaires de l'entreprise. La municipalité préfère pour sa part ne pas accorder d'entrevue avant sa rencontre avec la compagnie, prévue vendredi après-midi.

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