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Les vins québécois bientôt en épicerie : une bonne nouvelle pour les producteurs d'Abitibi-Témiscamingue

Le gouvernement a adopté cette semaine une nouvelle loi permettant aux viticulteurs d'écouler leurs produits ailleurs qu'à la Société des alcools du Québec (SAQ) ou à leur vignoble. Ces changements entreront en vigueur dans 45 jours. Des entreprises de l'Abitibi-Témiscamingue souhaitent profiter de la commercialisation des vins québécois dans les épiceries, les supermarchés et les boutiques.

Avec les informations d'Émélie Rivard-Boudreau

Richard Dessureault, copropriétaire du vignoble le Domaine des Ducs, affirme que ces changements vont lui permettre d'élargir son marché. « Ça va nous permettre de cibler des marchés qui sont intéressants pour nous, pour le vignoble [...] et de faire des ententes particulières avec certains épiciers et certains supermarchés », dit-il.

Pour M. Dessureault, même s'il est un peu tard pour se positionner dans les épiceries d'ici Noël, la nouvelle réglementation lui donne l'occasion de changer la méthode de travail. « Le principal moyen de commercialisation que nous avions au vignoble était les marchés publics, indique-t-il. Là, ça va permettre de spécialiser les marchés publics, c'est-à-dire que les marchés publics vont devenir beaucoup plus des occasions de promotion et qu'on va pouvoir faire référence aux produits qui vont être en supermarché. »

Le vignoble qui est situé à Ville-Marie produit en moyenne de 5000 à 6000 bouteilles par année.

Comme on doit compter 45 jours avant la mise en application de la Loi sur le développement de l'industrie des boissons alcooliques artisanales, les commerçants pourraient mettre leurs vins en vente juste à temps pour Noël.

À Val-d'Or, la copropriétaire de l'épicerie fine Le Monde selon Manu, Cynthia Lachapelle, espère pouvoir offrir ce type de nouveaux produits le plus rapidement possible. « Au départ, on pouvait pratiquement juste aller dans la bière de microbrasserie au niveau du Québec. Là, ça va nous permettre d'aller dans du vin, d'aller dans des cidres qui sont intéressants pour nous et [auxquels on] n'a pas encore accès, souligne-t-elle. On a de la demande pour du vin et du cidre, nous, on avait pris la décision de ne pas en entrer parce qu'on voulait vraiment rester avec le Québécois, c'est ce qu'on a fait avec la bière, donc on veut faire la même chose avec les autres produits alcoolisés. On est en attente de savoir si la loi va nous permettre d'aller chercher certains produits fins qu'on en région comme le Verger des tourterelles. »

D'ailleurs, le Verger des Tourterelles est impatient de commercialiser ses produits en épicerie, mais demeure en attente des directives de la Régie des alcools, des courses et des jeux pour aller de l'avant.

De son côté, l'entreprise Nordvie de Saint-Bruno-de-Guigues, qui produit notamment des alcools et des vins fortifiés à base de fraises, pourrait aussi profiter de cette nouvelle règlementation. Un des copropriétaires, Normand Olivier, soutient cependant qu'il pourrait être freiné par le pourcentage d'alcool de certains de ces produits. « Il y avait une limite. Les vins qui seraient produits à des teneurs plus élevées que 16 % ne seraient pas autorisés en épicerie. Là-dessus, nous, on voyait qu'il y avait quand même une grosse restriction pour les alcools de petits fruits parce qu'il y a beaucoup, dans notre secteur, des fortifications de petits fruits qui permettent à ces produits-là de bien vieillir [...] Il reste qu'il y a une porte ouverte au niveau de la mise en marché, puis ça, c'est quand même un gros morceau », explique-t-il.

Toujours selon Normand Olivier, la nouvelle loi permettra de créer des coopératives de producteurs-artisans. Ce nouveau permis autorisera les détenteurs à fabriquer et à embouteiller, pour leur compte, une production artisanale d'alcools et de spiritueux.

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