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Limonade au pissenlit et chocolat à l'épinette au menu!

Le propriétaire de la Bistro-Chocolaterie de Rouyn-Noranda signe la nouvelle chronique « La forêt, j'en mange » dans le magazine Le couvert boréal. Cette collaboration avec le biologiste Roger Larivière a pour objectif de faire connaître les possibilités culinaires des trésors comestibles de la forêt boréale.

Un texte d'Émilie Parent-Bouchard

« De la forêt, j'en mangeais, j'en mange et j'en mangerai », avertit d'emblée Charles Prince, précisant que son intérêt pour les produits de la forêt boréale — comestibles ou non — date de l'enfance. « Je suis un petit gars de Noranda et je passais mes étés au lac Beauchastel et je passais toujours quelques mois à explorer chaque été une nouvelle collection — collection de roches, de papillons, d'insectes, de reptiles... et de petits fruits et de plantes. »

Depuis l'ouverture du Bistro-Chocolaterie Le Gisement il y a une dizaine d'années, le chocolatier jouit désormais d'une vitrine où il peut mettre en valeur les créations issues de l'alliage entre sa passion première, « le chocolat », et cette passion qu'il entretient depuis son plus jeune âge pour les produits comestibles issus des forêts de l'Abitibi-Témiscamingue.

« Ce qui est agréable avec le chocolat, c'est tous les accords qu'on peut faire avec le chocolat, explique-t-il. Et avec le bistro, je pouvais concocter des petites recettes, donc la passion a continué de grandir. »

Quand la ville et la forêt se rencontrent

C'est d'ailleurs aussi grâce à son bistro qui a pignon sur la rue Principale qu'il fait connaissance avec le biologiste Roger Larivière. De cette rencontre découle l'organisation de diverses activités qui allient les passions des deux hommes : café-causeries, dégustations, sorties de cueillette en forêt s'enchaînent.

« J'ai continué à grossir mon ''cahier de recettes'', j'ajoutais une plante chaque fois qu'on allait en forêt, j'essayais d'en découvrir de nouvelles, de bien les reconnaître », précise M. Prince.

Piquer la curiosité des gastronomes professionnels comme amateurs

Son collaborateur, le biologiste Roger Larivière, fournit donc son « savoir encyclopédique ». Le chocolatier s'abreuve de sa science pour s'exercer aux fourneaux, souvent à la maison pour tester les possibilités qu'offrent ses récoltes. Puis, l'idée vient de partager cet alliage de savoirs et de saveurs avec la population, par l'entremise d'une chronique.

« L'idée, c'était de faire une introduction au côté restaurateur, entrepreneur sur la forêt, sur ce que l'on peut y découvrir aussi à la maison, pas juste nécessairement dans un restaurant. Et d'aller cibler une plante thématique par saison et la décrire un peu plus pour que les gens puissent la reconnaître, voir ce qu'on peut en faire, sans nécessairement faire une recette en particulier. »

Des délices quatre saisons dans un sous-bois près de chez vous

Pour inciter les gens à s'approvisionner dans un sous-bois près de chez eux, le duo choco-bio braque ainsi le projecteur sur un produit par chronique, selon la disponibilité des plantes et petits fruits et le calendrier trimestriel de parution du Couvert boréal. Cet été, la tête de violon — « seule fougère comestible en Abitibi-Témiscamingue et au Canada » — est à l'honneur.

« On s'est amusés avec Roger [Larivière], on a fait une petite activité au Gisement. On est allés en forêt où il faisait beau, on est allés cueillir et on a fait une crème de têtes de violons qu'on a faite découvrir aux gens », indique-t-il, précisant que ses créations culinaires sont généralement rehaussées avec des chocolats, des fruits, des légumes ou des épices pour mettre en valeur de fruit des récoltes.

Limonade de pissenlit, chocolat noir à l'épinette et tutti quanti

L'idée est aussi de rétablir la réputation des « mal-aimés du terroir », dont le pissenlit est peut-être le meilleur représentant, selon Charles Prince.

« On a fait une limonade de pissenlits avec le citron, dit-il. Juste le pissenlit infusé n'a pas un goût extraordinaire, ça a un peu d'amertume, mais si on ajoute un peu de citron, un peu d'orange, on vient vraiment chercher une limonade qui est savoureuse. »

Et le chocolatier déborde encore d'idées pour agrémenter son carnet de recettes. En attendant, le thé glacé du Labrador, la salade de têtes de violons, la limonade au pissenlit ou les chocolats au cèdre, à l'épinette ou au chaga peuvent être dégustés à la Bistro-Chocolaterie Le Gisement, en fonction des bonnes grâces de Mère Nature.

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