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Lise Langlois, grande dame de la musique à Rouyn-Noranda, s'est éteinte

Lise Langlois, grande dame de la musique à Rouyn-Noranda, s'est éteinte le 22 mars dernier à l'âge de 72 ans. Enseignante au secondaire et offrant des cours privés, Mme Langlois est connue comme une des plus grandes pianistes de l'histoire de Rouyn-Noranda, ainsi qu'en tant que passionnée qui a collaboré à un grand nombre de projets liés à la musique, dont les Jeunesses musicales du Canada.

Un article de Félix B. Desfossés

« Une femme d'envergure »

Née à La Sarre en 1943, Mme Langlois a eu sa formation musicale à l'école Vincent-d'Indy de Montréal. De retour dans la région, elle s'est donnée corps et âme pour la communication, le partage et la diffusion de la musique.

« Richard Desjardins a étudié avec elle, Jacques Marchand, Rémi Boucher, moi aussi, et ça, c'est sans compter tous ceux à qui elle a enseigné au secondaire », énumère Suzanne Blais, directrice du Centre musical En sol mineur de Rouyn-Noranda.

« Elle avait un don pour dénicher des talents, pour les reconnaître [...] C'est une dame qui est très très importante pour la culture [musicale] classique dans la région », témoigne son ancien élève, Jacques Marchand, aujourd'hui directeur artistique et chef d'orchestre de l'Orchestre symphonique régional de l'Abitibi-Témiscamingue. Il ajoute que c'est elle qui l'a convaincu de continuer son parcours musical à de plus hauts niveaux.

Mme Langlois a notamment démarré le Centre des Jeunesses musicales du Canada à Rouyn-Noranda et s'est occupée d'organiser les tournées locales de l'organisme durant de nombreuses années. Elle a également organisé plusieurs concerts et concours musicaux, accompagné des dizaines de musiciens de grand talent et conduit l'harmonie de l'école secondaire Iberville. « C'était une femme qui était d'envergure », souligne Suzanne Blais.

Une professeure et une amie

La professeure de musique Lise Langlois, « c'est une femme qui était exigeante, elle ne voulait pas qu'on fasse les choses à moitié, se souvient Suzanne Blais. Toute jeune, j'avais d'affaire à aller pratiquer chez elle tous les jours. Elle m'avait dit : "Toi, tu as du talent et tu vas pratiquer. Il n'est pas question que je te laisse ne pas pratiquer." »

Malgré les années qui les séparaient, les deux femmes sont devenues de grandes complices. « Toute mon adolescence, je l'ai passée chez elle. On est devenues de grandes amies. Je soupais chez elle. Je connais ses enfants, c'était presque mes frères et soeurs, il y en a à qui j'ai changé les couches! », relate Mme Blais.

Stéphane Langlois, fils de Lise, le confirme : « Tout le monde était égal. C'est comme si on avait des dizaines de frères et soeurs sur les différentes générations d'élèves qu'elle a eus qui venaient pratiquer à la maison ».

Suzanne Blais ajoute aussi que Lise Langlois avait l'âme d'une grande artiste. « En pensant à elle ces jours-ci, j'ai réalisé que c'était la première artiste, dans ma vie, que j'ai rencontrée [...] C'est le premier contact que j'ai eu avec une artiste qui fait quelque chose d'une façon artistique : pas juste jouer du piano pour divertir, mais de le faire à l'intérieur de soi, de façon réfléchie », se rappelle-t-elle.

Une bourse à la mémoire de Mme Langlois

Le Centre musical En sol mineur et la famille de l'enseignante ont eu l'idée de créer la bourse Lise Gauthier-Langlois qui sera remise à des étudiants de la relève musicale. La famille demande donc au public de remettre ses dons au Centre musical En sol mineur pour cette bourse plutôt que d'acheter des fleurs.

Un rassemblement public à la mémoire de Lise Langlois se déroulera au foyer du Théâtre du cuivre de Rouyn-Noranda ce samedi 26 mars, à 14 h.

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