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« Lorsqu'on perd notre culture, il y a de graves conséquences » - Maïtée Labrecque-Saganash

Le rappeur Samian ainsi que l'activiste crie Maïtée Labrecque-Saganash étaient invités à l'émission Tout le monde en parle afin de discuter de la réalité des Autochtones au Canada. La question de la crise du suicide vécue dans la communauté d'Attawapiskat était au coeur de l'entrevue. Mme Labrecque-Saganash a proposé son analyse de la situation à l'émission Des matins en or d'ICI Abitibi-Témiscamingue.

Besoin d'une continuité culturelle

D'entrée de jeu, la jeune femme explique que plusieurs facteurs doivent entrer en ligne de compte afin de comprendre pourquoi une telle crise peut ainsi secouer une communauté autochtone. La passation de la culture des Premières Nations entre les générations semble au coeur du problème, selon elle. « Ça peut varier d'une communauté à l'autre, dit-elle. Dans le cas d'Attawapiskat, c'est vraiment le phénomène qu'il n'y ait pas de continuité culturelle. Il y a une étude qui est sortie [qui démontre que] lorsqu'on perd notre langue, lorsqu'on perd notre mode de vie ancestral, notre culture, il y a de graves conséquences, comme dans le cas d'Attawapiskat. »

Particulièrement à Attawapiskat, la situation chez les jeunes semble difficile. « Je m'entretenais avec une jeune fille de la communauté, relate Mme Labrecque-Saganash, et elle me disait qu'il n'y a rien pour les jeunes. Il n'y a pas de programmes. Il n'y a pas d'activités. C'est une situation qui [prévaut] dans plusieurs communautés. »

Des solutions à trouver

Pour elle, les solutions doivent passer par un travail conjoint entre les conseils de bande des communautés et le gouvernement. « C'est la communauté qui connaît le mieux ses jeunes, donc, c'est la communauté qui sait le plus ce dont ils ont besoin, par contre, pour ce qui est du financement, les gouvernements doivent être prêts à nous écouter et à répondre à nos demandes », croit-elle.

Un portrait plus lumineux que ce qui est présenté

Si la crise actuelle à Attawapiskat ou encore les tristes événements récents de Lac-Simon prennent beaucoup de place dans les médias, Maïtée Labrecque-Saganash propose une nuance importante à propos du portrait de la situation des jeunes dans les communautés autochtones. « Je suis retournée sur mon territoire donner une conférence et les jeunes se tiennent tellement maintenant », témoigne-t-elle.

Une réalité à exposer

Les Premières Nations du Canada ont trouvé en Maïtée Labrecque-Saganash, fille du policitien Romeo Saganash, une porte-parole dévouée. « Ce sentiment d'injustice là est né très jeune chez moi. Comme vous le savez, mon père a fait les pensionnats. Plus on en apprend, plus on commence à être articulés sur le sujet, je pense que ça nous pousse vraiment à dénoncer ces choses-là. Il y a beaucoup de jeunes aussi qui ont vu leurs parents souffrir en silence. On fait un peu un genre de mission pour dénoncer ce que nos parents [ont vécu] », affirme-t-elle.

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