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Maire de village, une fonction trop peu rémunérée?

Au Témiscamingue, la municipalité de Saint-Bruno-de-Guigues qui est sans maire depuis septembre s'en remet au ministre des Affaires municipales pour décider de la suite des choses. Après l'échec de deux mises en candidatures, la municipalité s'attend à ce que le ministre ordonne une nouvelle mise en candidature ou désigne un maire. Plusieurs raisons peuvent être à l'origine de cette situation.

Avec les informations de Boualem Hadjouti

Des candidatures possibles?

Marguerite Trépanier-Lavallée, de Saint-Bruno-de-Guigues, croit qu'un candidat finira par se manifester pour le poste de maire. « Il y a beaucoup de personnes qui ont le potentiel d'être maire ici... on n'est pas inquiets », assure-t-elle.

Renald Vaillancourt, aussi citoyen de St-Bruno, ne veut pas que le ministre des Affaires municipales désigne lui-même un maire. « Je pense qu'il devrait laisser une autre chance pour une nouvelle mise en candidature », fait-il valoir.

Le problème, la rémunération?

La situation que vit cette municipalité de 1148 habitants n'est pas fréquente, selon Pierre J. Hamel, professeur chercheur à l'Institut national de la recherche scientifique (INRS). Il suggère que la rémunération puisse être la cause de l'absence de candidature. « Pour faire de la politique municipale, même dans la plus petite des municipalités, ça demande une disponibilité hors du commun ... qu'on ne peut pas attendre d'un salarié ordinaire », avance-t-il.

Dans le cas de Saint-Bruno-de-Guigues, la rémunération du maire en 2015 était de moins de 10 000 $. Selon la Loi sur le traitement des élus municipaux, la rémunération annuelle minimale que doit recevoir un maire est établie en fonction du nombre d'habitants du territoire de la municipalité.

Le préfet de la MRC de Témiscamingue, Arnaud Warolin, évoque le nombre croissant de responsabilités imposées aux municipalités. « C'est sûr qu'on interpelle le gouvernement du Québec aussi. Nous envoyer beaucoup des responsabilités, sans les outils nécessaires pour les administrer, ça vient nuire à nos petites collectivités », croit-il. La MRC veut rencontrer le conseil municipal de Saint-Bruno-de-Guigues pour discuter de la situation.

Un cas qui n'est pas unique

La présidente de l'Union des municipalités du Québec (UMQ), Suzanne Roy, n'est pas surprise de la situation qui se déroule à St-Bruno. Elle s'attend même à ce que la cela se répète. Selon elle, lors des élections de 2009, il y avait 8 municipalités sur 1100 qui étaient sans maires au premier tour. Elle évoque la possibilité de regroupement de services entre les petites municipalités.

« Dans certains cas, il y a eu des regroupements de municipalités pour s'entraider, c'est quelque chose qu'on favorise. Lorsqu'on réussit à regrouper ensemble les services, on se donne souvent des outils pour répondre aux besoins, pour éviter la dévitalisation, pour recréer un dynamisme municipal », dit-elle.

Le ministère des Affaires municipales n'a pas répondu à nos demandes d'entrevues.

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