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Malartic : menace de recours collectif des citoyens contre la mine

À Malartic, le Comité de citoyens de la zone sud de la voie ferrée pourrait intenter un recours collectif contre la mine Canadian Malartic dès le mois d'avril. Les citoyens réunis en assemblée hier ont pris cette décision. Ils étaient accompagnés de l'avocat Michel Bélanger et du porte-parole de la Coalition Québec meilleure mine Ugo Lapointe.

Le comité accentue la pression

Le Comité de citoyens de la zone sud a donc décidé de maintenir sa position et de ne pas revenir au sein du Groupe de travail sur les enjeux de cohabitation à Malartic où siège la ville de Malartic, le comité de suivi et la mine Canadian Malartic.

En conférence de presse ce matin, le porte-parole du comité, Louis Trottier, a encore expliqué les raisons de ce retrait. « Compte tenu que nous n'avons toujours aucun engagement clair et écrit de la mine afin d'offrir l'acquisition de résidences à une large proportion des citoyens impactés. Compte tenu que nous n'avons toujours aucun engagement pour un soutien financier afin de pouvoir avoir accès à des experts indépendants. Compte tenu que nous n'avons toujours aucun engagement de la mine pour que nous puissions être accompagnés par une personne ressource de notre choix », a-t-il déclaré.

M. Trottier assure être toujours ouvert à la discussion si la minière s'engage à répondre positivement à ses demandes.

Des éléments qui permettraient d'aller en cour?

Les citoyens ont mandaté l'avocat Michel Bélanger pour préparer le recours. « Il y a un comportement répété ici, confirmé par l'intervention du gouvernement là-dedans, le ministère de l'Environnement et qui s'en suit des dommages de santé, des dommages aux propriétés, des troubles et inconvénients majeurs, confirmés par un rapport de la santé publique, plaide l'avocat. Dans l'état actuel d'un dossier, quand je commence une procédure, j'ai rarement eu autant d'éléments factuels qui me justifieraient d'aller à la cour. »

La minière réagit

Appelé à réagir, le directeur général de la mine Canadian Malartic Serge Blais rappelle que la minière travaille toujours au sein du groupe de travail sur les enjeux de cohabitation à Malartic, que le Comité de citoyens de la zone sud a décidé de quitter le mois dernier. Le groupe travaille activement sur la préparation d'un guide pour encadrer les demandes de compensations et d'acquisition de résidence.

Serge Blais espère pouvoir terminer le premier jet du guide ce mois-ci, le présenter à des experts en mars et aux citoyens du quartier sud en avril, en vue d'une adoption finale au mois de mai. « Le but de l'exercice, justement, c'est d'avoir quelque chose d'écrit, transparent et éviter dans notre démarche, dans notre vision, dans notre relation avec les citoyens de Malartic, c'est d'éviter le cas par cas, explique-t-il. Alors dans le Guide de cohabitation, il va y avoir un chapitre qui va être là-dessus, l'acquisition, les modalités pour Monsieur X, Madame Y, voici exactement la proposition, comment ça va se dérouler. Cette proposition-là va être expliquée aux gens en avril 2016. »

Les membres du groupe de travail assurent que les citoyens de la zone sud seront consultés lors de l'élaboration de ce guide, malgré leur retrait de la table des discussions.

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