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Manifestation sur la route 101 à Timiskaming First Nation

Les membres de la communauté autochtone de Timiskaming First Nation ont manifesté mardi. Ils ont ralenti la circulation sur la portion de la route 101 qui traverse leur communauté. Ils dénoncaient les ordres d'expulsion qui visent plusieurs de leurs membres qui possèdent des maisons ou encore des chalets sur les rives du lac des Quinze à Angliers.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

Interviewé en direct de la manifestation dans le cadre de l'émission Des matins en or, Steve King, membre du Conseil de bande de Timiskaming First Nation, explique que les membres ont reçu une lettre du gouvernement donnant les avis d'expulsion et soulignant qu'« ils vont commencer à détruire prochainement parce qu'ils pensent qu'on est hors de nos terres, ce qui est faux. C'est nos terres ancestrales depuis bien des années, depuis qu'on est au Québec, au Canada, c'est nos terres depuis bien des années et ils ne peuvent pas nous les ôter. »

Un territoire amputé

Rencontré sur les lieux de la manifestation, un habitant de Timiskaming First Nation, Kaven Stanger, assure que ces revendications ne sont pas seulement une question d'argent. « Il n'y a pas un montant qui peut justifier ou compenser pour tout ce qu'on a passé à travers au cours des 500 dernières années. On a été poussés dans un coin et on a perdu notre langue, notre culture », déplore-t-il.

Le batonnier de l'Abitibi-Témiscamingue, Marc Lemay, affirme que la communauté est en droit de réclamer ses droits sur le territoire. « Faut comprendre que les autochtones, j'allais le dire délicatement, mais ils ont été casés dans des réserves. Avant, ils occupaient tout le territoire entre Ottawa et la Baie JMaes, de chaqeu côté de la rivières des Outaouais, ça a toujours été le territoire des Algonquins, des Anishinabés. Et pour moi ça m'apparaît évident qu'on aurait dû les consulter dans plusieurs dossiers », souligne-t-il.

« Ils se sont fait tasser quand on a créé Nédélec. On les a tassés en réserve à la frontière de Notre-Dame-du-Nord, mais pour eux, ils n'y en a pas de fontière, continue Marc Lemay. Le plus bel exemple, quand on a monté le lac des Quinze, on a tassé Winneway. On leur a dit : "Long Point, vous allez vous tasser de là parce qu'on fait un réservoir pour l'hydro-électricité." Tout ça a toujours été fait au détriment des Autochtones. »

Des discussions avec le gouvernement

Steve King précise que des rencontres ont eu lieu avec le gouvernement, mais les discussions ont achoppé jusqu'à maintenant. « On [a rencontré] le gouvernement, mais on n'aboutti jamais à rien. En 2013, on s'est assis avec le ministre [des Affaires autochtones Geoffrey] Kelley qui a promis des affaires. Mais les ententes, le meeting, [n'ont jamais eu de suites]. Nous autres, le nouveau conseil, on veut avoir des réponses, on veut que ce soit réglé prochainement, parce qu'il y a du monde qui vont être évacués et ça va commencer une guerre si le gouvernement ne nous entend pas. »

La communauté demande au ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, de venir les rencontrer pour discuter. Le cabinet du ministre Kelley indique qu'il respecte le droit de manifester des membres de la communauté. Il n'a cependant pas voulu commenter davantage puisque des discussions sont en cours.

Les gens de Timiskaming First Nation ont manifesté toute la journée. Ils comptent prendre d'autres mesures si leur message n'était pas entendu. Des membres de la communauté menacent aussi d'empêcher la tenue du prochain Rodéo du camion à Notre-Dame-du-Nord si les deux parties ne s'entendent pas.

Écoutez l'entrevue de Steve King à Des matins en or ici.

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