Le 2 août 1958, l'aréna d'Amos reçoit les plus grandes étoiles de la lutte, dont certains sont maintenant des légendes. Malgré que ce sport de divertissement attirait déjà les foules, un nom sur la carte suscitait l'engouement, celui de Maurice Richard.

Un texte de Louis-Éric Gagnon

Étant un ami d’Yvon Robert, le Rocket parcourait les routes du Québec en tant qu’arbitre durant la période estivale, ce qui lui permettait d’avoir un revenu supplémentaire.

Le phénomène de la petite lutte

Des années 30 aux années 50, la lutte professionnelle avait la cote dans tout le Québec et l’Abitibi ne faisait pas exception. Les villes de la région avaient leur propre promotion où œuvraient les héros locaux.

Du côté de Val-d’Or, il y avait des noms comme Tommy Burns qui était champion du Canada ainsi que Benny Trudel, qui offrait un spectacle digne du cirque en livrant des combats contre un ours.

Les rivalités étaient vives entre les promotions, et le héros d’une ville devenait l’ennemi d’une autre ville. Par exemple, Théodore Beaudry de St-Dominique-du-Rosaire entretenait une rivalité avec Gerry “Badman” Campeau de Rouyn. Surnommé Théo Canuck, il était champion de l’Abitibi et représentait le valeureux Canadien français : charismatique, dure comme l’hiver et impliqué dans sa communauté.

Avec la venue de la lutte à la télévision, les vedettes sont devenues plus grand que nature et le phénomène de la petite lutte a tranquillement disparu dans les années 50.

Comment Maurice Richard s’est-il retrouvé arbitre de lutte ?

Le samedi 2 août 1958, une superbe carte a été présentée au public. Johnny Rougeau affrontait Frank Valois et Larry Moquin a combattu le polonais Chet Wallick. Ces deux matchs étaient arbitrés par Yvon Robert, considéré comme le plus grand lutteur du Québec.

Le combat final opposait Bob Legs Langevin au champion du monde des poids lourds, le français Édouard Charpentier, qui était à sa première visite en Abitibi. Mais l’attraction de ce match était l’arbitre vedette, Maurice Richard.

La lutte voyageait, mais ce n’était pas le cas du hockey. Une personne qui voulait voir Maurice Richard devait se rendre au Forum de Montréal. Il ne faut pas oublier que les moyens de transport et les routes n’étaient pas ce qu’ils sont aujourd’hui.

Une association lucrative pour Maurice Richard

Dans ses meilleures années, Maurice Richard remportait 25 000 $ par année. Yvon Robert pouvait quant à lui empocher entre 100 000 $ et 150 000 $ par année, car l’argent était mieux distribué dans le milieu de la lutte.

La proximité entre le Rocket et le lion du Canada français

Maurice Richard et Yvon Robert étaient des hommes de caractère et se sont reconnus dans le même rôle qu’ils jouaient dans la société : être la voix des Canadiens français, celui qui a réussi dans la vie sans avoir l’obligation de travailler dans une usine le restant de ses jours. Yvon Robert est le seul sportif, nommons-le ainsi, à avoir approché la popularité de Maurice Richard.

Encore aujourd’hui, les familles Richard et Robert ont de bonnes relations.

Plus d'articles

Commentaires