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Milieux humides : les élus régionaux font fausse route, croit le REVIMAT

Le Regroupement vigilance mine de l'Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT), déplore que les élus locaux souhaitent obtenir des ajustements à la Loi sur la protection des milieux humides et hydriques, afin de faciliter les développements immobiliers.

Un texte de Thomas Deshaies

« Ce n’est pas pour rien que le gouvernement a légiféré sur les milieux humides. Il y a un enjeu majeur au niveau environnemental », s'exclame Marc Nantel, porte-parole du REVIMAT.

Rappelons que plusieurs municipalités, dont Val-d'Or et Rouyn-Noranda, demandent au gouvernement de modifier cette loi adoptée en juin 2017.

Ils estiment, notamment, que le montant de compensation financière demandé en cas de construction dans des milieux humides est trop élevé. La compensation demandée est actuellement de 20 $ du mètre carré.Selon eux, il y a beaucoup plus de milieux humides dans la région que dans le sud de la province, et une modulation serait donc de mise. Le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, estime que 40 % des terres de la région seraient constitués de milieux humides, alors que la proportion serait de 8 % dans le sud de la province.Adopter une perspective globale Le porte-parole du REVIMAT, Marc Nantel, déplore cette mobilisation des élus régionaux. « On ne peut pas se permettre de dire, sur notre territoire, on en a plus que dans le sud de la province. Donc, qu'on devrait avoir un aménagement spécial et la possibilité de les exploiter différemment, martèle-t-il. On doit regarder l'écosystème comme tel puis on doit vérifier si cet écosystème, c'est quoi son rôle dans la région. Quel est l'impact au niveau environnemental de le détruire, puis s'il y a des mesures de compensation, est-ce qu'elles sont égales aux dommages causés »M. Nantel estime qu'il faut « regarder le problème dans son ensemble ». « Lorsqu'on compartimente des écosystèmes, lorsqu'on compartimente notre attitude environnementale, vraiment un signal qu'on ne règlera jamais le problème », se désole-t-il.Aucune perte nette de milieu humideLe REVIMAT estime que l'objectif du gouvernement, qui est de ne causer aucune perte nette de milieux humides, est un pas dans la bonne direction.Marc Nantel rappelle toute l'importance des milieux humides pour l'environnement. « On parle de filtration, contrôle de L'eau, du débit d'eau, on parle d'emmagasiner du CO2 pour aider à réduire les effets des changements climatiques. On joue avec un écosystème qui n'est pas banal », clame-t-il.

L'exploitation des tourbières devrait être interdite, ajoute Marc Nantel. « On est fermé à l'idée d'utiliser et d'exploiter les tourbières, dû au fait que ça prendre de 5000 à 6000 ans à régénérer », expliquet-il.Le REVIMAT invite le ministère de l'Environnement à ne pas céder aux pressions politiques, mais à guider ses interventions par la nécessité de protéger nos écosystèmes.La ministre de l'Environnement réagit La ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, ne veut pas accorder d'entrevue avant du dépôt d'un projet de règlement pour encadrer la compensation financière en juin prochain.« Notre objectif est de déposer un projet de règlement pour encadrer la compensation financière au plus tard en juin prochain, un règlement qui, nous le souhaitons, obtiendra l'adhésion de nos partenaires, dont les municipalités, a mentionné son attachée politique par courriel. Soyez assurés par contre que nous sommes à l'écoute dans ce dossier, et tout particulièrement à l'écoute des municipalités », a-t-elle soutenu.

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