Retour

Mines en Abitibi-Témiscamingue : 35 millions $ en redevances, aucun impôt payé en 2015

Les mines font partie du paysage de la région depuis plus de 100 ans. Sur le plan des redevances, des impôts et des taxes municipales, qu'est-ce que ces entreprises rapportent à l'Abitibi-Témiscamingue et au Québec? Jean-Marc Belzile s'est intéressé à la question.

Ce reportage est le premier d'une série sur l'industrie minière en Abitibi-Témiscamingue.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

Aucun impôt payé en 2015 par les minières actives en Abitibi-Témiscamingue

Parmi les minières de la région qui ont accepté de divulguer leurs chiffres, aucune n'a payé d'impôts sur le revenu au Québec en 2015, soit Agnico-Eagle, Canadian Malartic et Iamgold. L'autre minière d'importance, Mines Richmont, n'a pas voulu donner ses chiffres.

Un impôt minimum à payer?

Cette situation est inconcevable selon le co-porte-parole de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe. « On savait que l'impôt sur le revenu des compagnies minières était sans doute très bas, comme il l'est pour beaucoup d'entreprises au Québec, mais entre bas et zéro c'est quand même assez choquant, à notre point de vue, les minières devraient être tenues de payer un impôt minimum », soutient-il.

Comment l'impôt est-il calculé?

Les trois minières ont investi plusieurs millions de dollars sur leurs différents sites, ce qui fait en sorte qu'elles n'ont fait aucun profit au cours de la dernière année. Agnico-Eagle, par exemple, a placé des millions pour prolonger ses opérations à Meadowbank ainsi que dans deux autres de ses projets : Amaruq et Meliadine.

Le calcul de l'impôt à payer pour toutes les compagnies minières est déterminé en fonction des revenus générés et de l'ensemble des dépenses engagées. Les investissements en capitaux, par exemple, viennent réduire l'impôt à payer. C'est la même façon de faire dans toutes les entreprises au Québec, ce n'est pas unique à l'industrie minière.

Des investissements nécessaires

Ces dépenses considérables s'expliquent logiquement, la présidente-directrice générale de l'Association minière du Québec, Josée Méthot. C'est que l'industrie minière requiert énormément de capitaux pour soutenir les opérations existantes et poursuivre l'exploration pour permettre la découverte de nouveaux gisements. Ces investissements sont donc essentiels. « C'est clair que si on veut avoir des mines au Québec, ça prend des investissements miniers. Je vous dirais qu'on est très contents quand nos sociétés minières d'ici investissent ici pour faire de beaux projets miniers chez nous », souligne Mme Méthot.

Redevances minières et taxes municipales

Les minières de la région doivent aussi payer des redevances au gouvernement du Québec. En 2015, les mines de l'Abitibi-Témiscamingue ont versé 35,3 millions de dollars au gouvernement.

Les municipalités où sont implantées les mines touchent aussi leur part en taxes municipales. La Ville de Malartic a reçu le montant le plus important en 2015, soit 2,8 millions de la part de Canadian Malartic.

Une hausse des revenus à prévoir?

Les redevances minières pour l'année 2016 seront rendues publiques au mois de décembre prochain. Le gouvernement du Québec s'attend à une hausse de ces revenus.

Plus d'articles

Commentaires