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Parc Opémican : le gouvernement va de l'avant, mais les communautés autochtones veulent mieux connaître leur rôle

Le gouvernement du Québec a annoncé ce matin l'octroi d'un budget de 36 millions de dollars pour la mise en valeur du Parc Opémican, lors d'un point de presse du ministre responsable de l'Abitibi-Témiscamingue, Luc Blanchette, à Témiscaming.

Avec les informations de Boualem Hadjouti

Le Parc Opémican s'étendra sur 252 kilomètres carrés, sur un territoire revendiqué par les communautés autochtones d'Eagle Village et de Wolf Lake. Présent lors du point de presse, le chef de Wolf Lake, Harry St-Denis, a d'ailleurs rappelé au gouvernement du Québec qu'il n'a pas encore signé de protocole d'entente avec sa communauté. Le parc étant situé sur une terre revendiquée par les autochtones, un territoire où ils pratiquent habituellement de la chasse et de la trappe.

Revendications des communautés autochtones

« Ça fait partie de notre territoire traditionnel. Nous avons demandé un accord distinct au gouvernement du Québec sur les enjeux de gestion du Parc. [Nous voulons connaître] le rôle des premières nations dans le développement de ce parc », a déclaré en anglais le chef de la communauté de Wolf Lake à l'issue du point de presse.

Le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Luc Blanchette, souligne que des pourparlers à cet effet ont déjà été entamés avec le gouvernement du Québec. Sans le définir clairement, il souligne que le rôle des communautés autochtones qui connaissent bien le territoire est essentiel dans le développement du Parc Opémican.

« Ces deux communautés-là sont essentielles parce que les autochtones ont beaucoup à nous apprendre [sur] leur culture, leur histoire. Et le Parc Opémican et eux, on est intimement liés. Donc, oui il y aura des rencontres qui vont se faire », insiste le député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue, Luc Blanchette.

Soulagement

Des 36 millions de dollars annoncés lundi matin, 10 seront consacrés à la restauration des bâtiments patrimoniaux existants et 26 millions seront destinés à la mise en valeur et la conservation du patrimoine naturel du parc. 

Cette annonce confirme officiellement la volonté du gouvernement d'aller de l'avant dans le dossier du Parc Opémican, après que plusieurs intervenants du dossier, notamment le préfet de la MRC de Témiscamingue, aient exprimé des inquiétudes à ce sujet à la fin de l'année 2015

La MRC de Témiscamingue a d'ailleurs exprimé son soulagement par voie de communiqué à la suite de l'annonce du ministre régional, Luc Blanchette.

« La MRC de Témiscamingue a mis beaucoup d'énergie pour que le parc national d'Opémican voie le jour, indique le préfet, Arnaud Warolin, qualifiant du même souffle le Parc Opémican de ce qui est « le plus gros projet de développement touristique » du Témiscamingue. C'est un projet qui nous a toujours tenu à cœur et auquel nous croyons fermement. De voir aujourd'hui que des sommes sont maintenant allouées à la réalisation du parc rend ce projet enfin concret. »

Ouverture repoussée à 2019

Les travaux devraient commencer dès cet été, en vue d'une ouverture en 2019 plutôt que la date de 2017 qui était avancée jusqu'à maintenant.

Le gouvernement anticipe d'importantes retombées pour la région, estimant la fréquentation du site à 25000 jours/visite une fois le parc ouvert. On prévoit aussi la création de 25 emplois directs.

Des retombées économiques attendues

Le député Luc Blanchette affirme que les entreprises de la région peuvent bénéficier des retombées économiques du parc.

D'ailleurs, plusieurs vont participer aux travaux prévus sur le site.

« Lors de la construction, il y aura énormément de contrats, que ce soit en terme de déboisement, d'ailleurs il y a un premier contrat de déboisement qui a été donné aux Algonquins récemment, mais aussi il y aura de l'infrastructure de construction de bâtiments, de la route, des ponceaux, des ponts, c'est toutes des choses pour lesquelles on peut faire appel aux entreprises de la région et c'est l'intention », a promis Luc Blanchette.

De son côté, le préfet de la MRC, Arnaud Warolin, croit que le Témiscamingue doit tirer le maximum de bénéfices du parc. « D'abord, il peut apporter une image, une notoriété et des outils de développement économique, ça, c'est indéniable. C'est un très beau véhicule avec une machine qui est bien rodée, pour toute l'industrie touristique, on a quelque chose de très pertinent, puis en terme d'environnement, c'est une protection maximale ».

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