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Partenariat transpacifique : des marchés à étudier pour la relance de l'usine de Lebel-sur-Quévillon?

L'accord de principe conclu entre 12 pays de la zone Asie-Pacifique dans le cadre du Partenariat transpacifique (PTP) pourrait ouvrir des marchés pour les produits du bois issus de la région.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Selon le professeur spécialisé en politique forestière de l'Université Laval, Luc Bouthillier, plusieurs éléments d'incertitude doivent cependant être clarifiés.

Il cite entre autres la capacité de l'industrie canadienne à développer des contacts dans un marché où les façons de conclure des ententes sont culturellement différentes. Il faudra aussi selon lui développer des produits adaptés à ces marchés.

Exploiter le filon de l'industrie textile

Le spécialiste entrevoit cependant des ouvertures du côté de l'industrie textile. Luc Bouthillier pense notamment à la pâte cellulosique utilisée pour faire de la rayonne.

« Oui, ça peut être intéressant. L'industrie textile, elle a tendance à migrer de la Chine vers la Malaisie, le Bangladesh, l'Inde, le Vietnam... Et ces pays-là, eux aussi sont confrontés à la cherté du coton et ça devient intéressant de migrer, à l'instar de la Chine, vers la pâte cellulosique, précise le chercheur, qui concède que l'imposition de tarifs douaniers de 23 % a coupé l'herbe sous le pied de ceux qui voyaient dans la pâte cellulosique des jours meilleurs pour l'industrie. [...] Donc l'accord transpacifique va baisser les tarifs pour les produits de pâtes et papiers et ça, ça pourrait être intéressant pour le redéploiement de notre industrie des pâtes et papiers qui se cherche de nouveaux produits. Par exemple, on a tous cru il y a maintenant un peu plus d'un an qu'on avait trouvé la voie de sortie de la crise à Quévillon avec la pâte cellulosique. »

Trop tôt pour crier victoire pour Fortress Paper

S'il voit le partenariat transpacifique d'un bon oeil, le vice-président du développement des affaires et des projets stratégiques de Fortress Paper n'y voit cependant pas, à court ou moyen terme, une planche de salut pour la relance de l'usine.

Marco Veilleux estime que la Chine accapare encore une trop grande part de marché pour crier victoire.

« Il faut regarder les détails, fait-il valoir. La Chine ne fait pas partie de cette entente-là et la taxe chinoise est la raison principale [qui explique] pourquoi le projet a été mis en pause. Donc ce n'est pas quelque chose qui va avoir à moyen ou à court terme un impact. Par contre, c'est sûr qu'enlever les barrières tarifaires et faciliter le commerce, c'est toujours bon. Donc, on va suivre l'évolution [du dossier] à ce niveau-là. »

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