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Pas toujours facile pour un immigrant de trouver un emploi en Abitibi-Témiscamingue

De nombreux Haïtiens continuent de traverser les frontières dans l'espoir de venir s'installer au Canada. Des entrepreneurs de la région aimeraient bien accueillir ces travailleurs potentiels pour combler la pénurie de main-d'oeuvre. Pourtant, des immigrants qui habitent en Abitibi-Témiscamingue affirment éprouver de la difficulté à se trouver un emploi.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

En route vers la maison, Hugues Olivier Kouassi, originaire de Côte-d'Ivoire, parle de ses trois enfants avec le sourire. C'est pour leur offrir un bel avenir qu'il souhaite rapidement se trouver un emploi dans son domaine : les communications. La recherche n'est toutefois pas facile. « Entre immigrants, on se dit qu'on doit toujours travailler deux fois plus pour démontrer qu'on a notre place dans l'entreprise, qu'on est assez compétents », dit-il.

Les emplois qualifiés sont difficilement accessibles pour les immigrants, selon M. Kouassi. Il croit que la mentalité de certains employeurs doit changer. « Une fois, mon ancien patron a dit : "Si nos jeunes revenaient en région, on n'aurait pas besoin de gens comme Hugues". À partir de là, ma motivation a été mise à mal », témoigne-t-il.

Pour la propriétaire du restaurant McDonald's d'Amos, Isabelle Leblanc, il y a tout un travail de sensibilisation à faire. En 2012, elle avait engagé 33 Marocains. « J'avais des clients qui ne voulaient pas se faire servir par eux autres. Ils allaient à la caisse de la petite Québécoise », se souvient-elle.

« Le monde est tellement tricoté serré, ils ont tellement des liens à long terme, ils sont allés à l'école ensemble, ils font partie de la même famille, continue Mme Leblanc, qu'ils ne se rendent pas compte qu'il y a des gens qui arrivent de l'extérieur, des fois. Imaginez-vous quand vous venez d'un autre pays avec une autre culture comment ça peut être difficile de s'intégrer. »

Selon l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques, au Canada, en 2006, 51 % des immigrants âgés de 25 à 64 ans avaient un diplôme universitaire contrairement à 19 % pour la population canadienne. Pourtant, selon l'Institut, le taux de faible revenu est 1,6 fois plus élevé chez les nouveaux arrivants.

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