Le saule pourrait bien être la planche de salut pour trois municipalités de la MRC Abitibi : les municipalités de Champneuf, La Morandière et Rochebeaucourt se sont regroupées au sein de la cellule d'aménagement des Coteaux, un organisme voué à la protection des ressources naturelles, qui a également des objectifs de diversification économique depuis la fermeture de la scierie de Champneuf en 2005.

« Quand l'usine a fermé définitivement en 2007, nous, le comité de relance, on a essayé de travailler pour garder l'usine ouverte, mais au bout d'un an, il fallait bien faire quelque chose, alors on a commencé à travailler avec les saules », explique le maire de Champneuf et président de la cellule d'aménagement des Coteaux, Rosaire Guénette, qui précise avoir fait appel à l'Institut de recherche en biologie végétale du Jardin botanique de Montréal pour plancher sur le projet.

Plusieurs débouchés

Le saule a un potentiel intéressant pour l'avenir de ces communautés, qui cherchent à trouver des débouchés à cette espèce d'arbre, tant dans la filière de la biomasse que dans la restauration de sites miniers. « Présentement, on en vend pour les mines, pour la régénération de sites miniers, poursuit M. Guénette. On en vend aussi à certaines municipalités, on en vend aussi à des chasseurs pour [qu'ils les plantent] dans leur territoire de chasse, parce que le saule a des feuilles jusqu'à la fin novembre, donc les orignaux aiment ça les saules. D'ailleurs, nos plantations, il y a des endroits où les arbres sont tout mangés par les orignaux, le bout. »

Les plantations de saules couvrent présentement une superficie de 44 hectares dans les trois municipalités. Des boutures sont coupées à l'automne et gardées au froid pendant tout l'hiver, jusqu'à la plantation, au printemps. « Il ne faut pas qu'il y ait de racines quand on les plante. Les racines se forment lorsqu'on les plante. Il ne faut pas qu'il y ait des bourgeons [sur les boutures] parce que sinon, ils vont mourir », précise Rosaire Guénette, estimant à environ 40 000 le nombre de boutures vendues jusqu'à maintenant. »

Création d'emplois

Les plantations de saules créent environ deux emplois sur une période pouvant s'étirer jusqu'à deux mois. Rosaire Guénette précise que la cellule d'aménagement des Coteaux se concentre pour l'instant sur la vente de boutures, qui est l'élément le plus lucratif du projet. « Notre idée première était de faire une usine d'éthanol. Ça n'a pas encore assez poussé pour ça, mais on travaille encore là-dessus. [...] Il faut travailler sur la productivité, sur notre rendement, pour que ce soit encore plus rentable », poursuit-il, avant d'ajouter que les profits sont réinvestis dans la production de saules.

Plus d'articles

Commentaires