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Politique régionale en 2016 : comment la région se fera-t-elle entendre à Québec?

À quoi s'attendre en matière de politique et de gouvernance en Abitibi-Témiscamingue en 2016? Alors que plusieurs organisations de développement et de concertation régionale sont disparues en 2015, la prochaine année semble réserver la mise sur pied de nouveaux organismes ainsi que de nouveaux combats régionaux afin de conserver une voix auprès du gouvernement provincial.

Faire face aux compressions

« Le premier défi, je crois, c'est de faire face aux [coupes] qui ont été faites, indique Bernard Vachon, professeur retraité du département de géographie de l'UQAM et auteur du livre La passion du rural. Et, suite au remaniement ministériel, les régions constatent qu'il n'y a plus de véritable défenseur des régions au gouvernement. La concentration du pouvoir est maintenant entre les grandes métropoles, c'est-à-dire entre Montréal et Québec, avec une concentration des ministres. Alors les régions vont devoir élaborer elles-mêmes des argumentaires très forts pour amener le gouvernement à s'intéresser à leur développement. »

Le développement régional était pourtant soutenu par le gouvernement du Québec depuis plusieurs années, rappelle M. Vachon. « Lorsqu'on aborde le développement régional, il y a deux dimensions dont il faut tenir compte, c'est l'attractivité d'une région, mais aussi sa compétitivité. Le gouvernement, depuis une vingtaine d'années, semblait avoir compris cette approche, parce qu'il avait doté les régions de plusieurs outils. On pense notamment à la politique nationale de la ruralité, la création des CLD, la création des CRE », ajoute M. Vachon.

« 2015 a été une année de choc »

En 2015, les Conférences régionales des élus (CRE) ainsi que les Centre locaux de développement (CLD), outils de concertation et de développement régional, ont subi d'importantes compressions budgétaires, les CRÉ disparaissant complètement.

La Conférence des préfets des MRC de l'Abitibi-Témiscamingue a été mise sur pied afin de conserver un outil de concertation régionale. « Il y a une Conférence des préfets qui n'a pratiquement pas de moyens et qui est en train de travailler à s'organiser et, parallèlement à ça, heureusement, il y a une société civile qui va commencer à travailler également pour se donner une voix et faire en sorte que les dossiers les plus importants au niveau de la région puissent cheminer », souligne Philippe Marquis, conseiller municipal à la Ville de Rouyn-Noranda.

Le CRDAT en action en 2016

La voix de la société civile sera entendue par l'entremise du Conseil régional de développement de l'Abitibi-Témiscamingue (CRDAT), un organisme actif durant de nombreuses années en développement régional, qui a été réactivé fin 2015. D'ailleurs, le CRDAT entend se faire mobilisateur en 2016. « Ce sur quoi on mise, c'est beaucoup le capital humain en région, affirme Mme Raymond. On a des forces, on est riches d'expérience, on est pleins de bonne volonté. Les gens sont instruits, sont capables et sont dynamiques et engagés. »

À en croire Diane Raymond, le principal objectif du CRDAT pour 2016 sera d'écouter et de consulter la population. « On mise aussi sur le capital terrain. Les gens, ce qu'ils ont décrié beaucoup lors des assemblées générales, c'est qu'ils ne sont plus consultés, ils n'ont plus voix au chapitre, note-t-elle. Ils ne peuvent pas dire ou demander à la région vers quoi on va s'en aller. Alors nous, on mise là-dessus dans un premier temps. Après l'année 2016, on évaluera et on verra où on est rendus. »

Philippe Marquis conclu avec une pensée optimiste. « Si le gouvernement semble nous négliger, nous, on ne se négligera pas. On va travailler ensemble, on va se faire confiance et travailler à tous les niveaux. Plus ça va aller dans l'année, plus ça va se matérialiser, c'est certain », souhaite-t-il.

Gouvernance scolaire

Les élections et la gouvernance dans les commissions scolaires feront l'objet de discussions au cours de 2016 « avec le projet de Loi 86 qui vise à retirer le pouvoir local pour le centraliser surtout à Québec, en disant que c'était pour donner plus de pouvoirs aux parents, ce qui va être un pouvoir très dilué », croit Daniel Camden, président de la Commission scolaire de Rouyn-Noranda (CSRN).

M. Camden plaide pour que le pouvoir reste plus proche des gens sur le terrain. « Nos commissaires siègent sur les conseils d'établissement de leurs écoles. Ils habitent tous les quartiers de la ville. Ils sont présents sur le terrain, donc, ils savent ce que les gens veulent avoir », fait valoir M. Camden.

L'Association des commissions scolaires d'Abitibi-Témiscamingue prépare un mémoire qui sera présenté au gouvernement, bien que les commissions scolaires des régions du Québec n'aient pas été invitées à la commission parlementaire qui étudiera le dossier de la gouvernance scolaire.

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