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Préposés aux bénéficiaires : pénurie de relève en Abitibi-Témiscamingue

Le Centre de formation Harricana d'Amos tire la sonnette d'alarme. Depuis 5 ans, il y a une baisse de 50 % des demandes d'admission pour devenir préposé aux bénéficiaires en Abitibi-Témiscamingue. Le réseau de la santé doit pendant ce temps trouver des solutions pour pallier le manque d'effectifs.

Avec les informations de Vanessa Limage

La préposée aux bénéficiaires Annie Lamontagne parle avec passion de l'emploi qu'elle occupe depuis maintenant 10 ans. « J'aime vraiment ce que je fais, dit-elle. Prendre soin de quelqu'un, ça, c'est vraiment ce que j'aime. On s'occupe de tout. Faire à manger, si on aime le contact humain, c'est un travail que tout le monde va aimer. »

Pourtant, le Centre de formation Harricana constate que le nombre de demandes d'admission est passé de 250 à 130 en 5 ans, une baisse de près de 50 %.

Selon le conseiller pédagogique, la baisse s'explique, entre autres, par la perception négative du métier. René Roy croit que des stratégies doivent être mises en place pour attirer les jeunes. « On pense que ça va être très difficile d'augmenter le recrutement sans un effort mieux concerté avec le réseau de la santé [et] une promotion au niveau gouvernemental, comme on voit dans les mines où le gouvernement est vraiment impliqué », souligne-t-il.

M. Roy ajoute que le métier comporte de nombreuses facettes méconnues. « On pense souvent que les préposés vont travailler strictement en CHSLD avec des gens en fin de vie, en perte d'autonomie, alors qu'il y a une diversité de tâches qui est très grande », précise-t-il.

En attendant, le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) doit se rabattre sur les ressources déjà en poste. « C'est des quarts de travail que les employés vont accepter de faire en plus. Ils sont mis à contribution aussi au niveau des équipes pour former du nouveau personnel pour supporter les opérations en cours. Des fois ce sont des déplacements de personnel d'un service à l'autre pour dépanner », explique le coordonnateur des ressources humaines à Rouyn-Noranda, François Tousignant.

Si la tendance se maintient, le Centre de formation Harricana craint qu'on ne puisse maintenir la formation de préposé aux bénéficiaires dans les quatre pôles de la région, soit à Amos, Macamic, Val-d'Or et Rouyn-Noranda.

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