Plus d'une centaine de personnes ont répondu à l'appel de Projet AT samedi à Rouyn-Noranda. Cette mobilisation citoyenne est née à la suite de l'abolition de la Conférence régionale des élus, afin de tailler une place pour le citoyen dans la redéfinition des rapports de force entre Québec, les régions et les municipalités.

Avec les informations d'Émilie Parent-Bouchard

Des citoyens, des organismes et des élus se sont donc rassemblés pour définir le rôle et la place que le citoyen doit occuper dans la nouvelle concertation régionale. En petits groupes, on y a discuté des secteurs qui devraient être représentés à la Conférence élargie des préfets de l'Abitibi-Témiscamingue, car les dix élus qui y siègent veulent avoir pour vis-à-vis dix représentants de la société civile.

« C'est une invitation à travailler dans un forum paritaire. [...] Je pense qu'une fois de plus, l'Abitibi-Témiscamingue va innover, va être une région pionnière », affirme le maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil. 

Que ce soit du monde économique, de la santé ou de l'éducation, les citoyens sont venus des quatre coins de la région pour avoir voix au chapitre.

Une instance citoyenne

L'assemblée a aussi choisi de mettre en place un deuxième groupe strictement composé de citoyens, qui pourra alimenter la Concertation des préfets, au besoin. La charte du Conseil régional de développement de l'Abitibi-Témiscamingue (CRDAT) sera donc réactivée. « Les gens souhaitent de façon très, très claire la mise sur pied d'un organisme de consultation de la population, de concertation de différentes organisations de la société civile et possiblement aussi, de mobilisation des citoyens », explique Paul-Antoine Martel, membre du comité ProjetAT. 

Sur cet aspect, les points de vue divergeaient. La rectrice de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue, Johanne Jean, croit qu'il faut éviter le dédoublement, d'autant plus que les ressources - humaines, matérielles, financières et même le temps - sont peu nombreuses. « C'est important qu'on travaille tous dans le même sens, qu'on rallie nos forces, pas qu'on les divise, illustre-t-elle. On a une proposition qui nous est faite d'avoir un comité consultatif de dix personnes représentant différents secteurs. Moi je pense qu'il faut faire confiance à ces gens-là. »

Diane Raymond, qui a été la dernière présidente du Conseil régional de développement de l'Abitibi-Témiscamingue (CRDAT), entrevoit plutôt cette deuxième instance comme étant complémentaire, un peu comme le conseil d'administration et le comité exécutif de cet organisme travaillaient main dans la main, mais pouvaient être en opposition sur certaines questions. « Je le vois aussi comme un grand forum qui viendrait en appui à la strcuture existante qui ferait en sorte que ce serait une place pour être imputable des dossiers, redevables aux gens puis les consulter aussi sur différents enjeux territoriaux pour développer une vision régionale. Je ne le vois pas comme travailler en silo, je le vois vraiment travailler en partenariat, en concertation », considère-t-elle. 

Le comité provisoire a pour mandat de convoquer une assemblée générale dans un délai de trois mois. La Conférence des préfets, de son côté, espère siéger dès le 8 octobre.

Voici l'entrevue complète accordée par Paul-Antoine Martel à l'émission Des matins en or.

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