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Programme d'aide aux Autochtones en milieu urbain : réactions mitigées en Abitibi-Témiscamingue

Un an après que des allégations d'abus policiers à l'endroit de femmes autochtones de Val-d'Or révélées par l'émission Enquête aient secoué le Québec, l'annonce du ministre des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, d'octroyer 8,9 millions sur cinq ans pour les Autochtones qui vivent en milieu urbain reçoit un accueil mitigé en Abitibi-Témiscamingue.

Avec les informations d'Émélie Rivard-Boudreau

Des sommes annoncées par Québec lundi matin, 5 millions de dollars serviront à l'amélioration des services directs et 3,9 millions seront réservés à la construction ou à la rénovation des infrastructures des organismes communautaires qui travaillent avec les Autochtones des milieux urbains. Le ministre responsable des Affaires autochtones, Geoffrey Kelley, précise avoir lui-même écrit à ces organismes au cours de l'été pour qu'ils soumettent des propositions de projets au Secrétariat aux Affaires autochtones.

Le Programme d'aide aux Autochtones vivant en milieu urbain a été officiellement lancé lundi par M. Kelley au Centre d'amitié autochtone de Montréal. Il avait été annoncé lors du dernier budget provincial. 

Femmes autochtones du Québec s'interroge sur le sort des communautés

La présidente de Femmes autochtones du Québec, Viviane Michel, considère que ces sommes sont importantes. Elle croit cependant que le gouvernement du Québec devrait investir davantage dans les communautés, même s'il s'agit d'un champ de compétence fédérale.

« Moi, la question que je poserais : ''Qu'est-ce qu'on donne à nos communautés?'', s'interroge Mme Michel. Les travailleurs sociaux des communautés sont hyper, hyper chargés, poursuit-elle. Est-ce qu'on peut leur offrir plus de travailleurs sociaux? Pour aider les femmes, est-ce qu'on peut leur donner des moyens? C'est une des questions que je me poserais. Oui, bravo, merci pour le milieu urbain, mais qu'est-ce qu'on donne aux communautés? »

Le Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or préoccupé par la continuité des services

La directrice du Centre d'amitié autochtone de Val-d'Or, Édith Cloutier, souhaite pour sa part que ces sommes puissent aider à conserver les services qui ont été implantés dans la dernière année pour aider les personnes en situation d'itinérance. Elle pense notamment au centre de jour Chez Willy, où est également établi le lieu de soutien pour les femmes vulnérables « Nigan ».

« Le soutien pour ouvrir ces services-là était inclus dans des mesures d'urgence, il y a un an, mais ce programme-là a été implanté par le gouvernement du Québec au cours de la dernière année, rappelle-t-elle, précisant que les sommes issues d'un fonds d'urgence pour aider les femmes autochtones, leurs enfants et leurs familles totalisaient alors plus de 6 millions de dollars, uniquement pour Val-d'Or. Donc, il aura lieu d'évaluer si on peut assurer le continuum des services de Chez Willy et Chez Nigan après le 31 mars 2017. »

Mme Cloutier ajoute qu'elle aimerait voir le gouvernement se doter d'une stratégie globale pour les autochtones qui vivent en milieu urbain. Depuis 20 ans, dit-elle, le Regroupement des Centres d'amitié autochtones travaille d'ailleurs en ce sens.

« Ça fait plus de 20 ans qu'on travaille à amener le gouvernement à se doter d'une vision plus intégrée des services [pour] les autochtones dans les villes, poursuit-elle. Je vous dirais que la dernière année, il y a une écoute et il y a des travaux qui ont été amorcés dans ce sens et peut-être de l'aborder dans un sens interministériel pour avoir un plan d'action qui touche toute la question des autochtones et de la ville au Québec », suggère Mme Cloutier.

Le Centre d'amitié autochtone de Senneterre voit une opportunité

Le Centre d'entraide et d'amitié autochtone de Senneterre croit quant à lui pouvoir profiter du nouveau Programme d'aide aux autochtones vivant en milieu urbain. Un projet touristique et culturel pourrait se développer grâce à ce programme, considère la directrice, Rebecca Moore.

« On a un chalet qui s'appelle Shabogamak, qui, au niveau culturel, est pertinent et sécurisant, indique-t-elle. Ça peut offrir de l'emploi aussi, en même temps. C'est un projet de développement par rapport au tourisme, mais c'est une place aussi [où] les gens peuvent célébrer des cérémonies, comme celle des premiers pas. »

Près de 250 Autochtones vivent à Senneterre, une municipalité située à près de 70 kilomètres de la ville de Val-d'Or.

La Piaule en réflexion sur la possibilité de solliciter des fonds

La maison d'hébergement La Piaule, de Val-d'Or, apporte elle aussi de l'aide à des personnes autochtones vivant une situation d'itinérance à Val-d'Or. Pour le moment l'organisme ne sait pas s'il va déposer des demandes de financement dans le cadre du programme.

Son président, Stéphane Grenier, considère que l'aide s'adresse plus spécifiquement aux Centres d'amitiés autochtones. Malgré tout, le Conseil d'administration de l'organisme étudiera le programme, afin de voir ce qu'il peut en tirer.

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