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Projet Authier : des organismes unissent leurs voix et exige l'intervention du gouvernement

Plusieurs organismes voués à la préservation de l'environnement demandent à la ministre de l'Environnement, Isabelle Melançon, d'intervenir dans le cadre du projet minier Authier, à La Motte.

Un texte de Thomas DeshaiesIl s'agit du Comité citoyen de protection de l'esker, de la Coalition Eau secours, de la Coalition pour que le Québec ait meilleure mine et du Regroupement vigilance mines de l'Abitibi-Témiscamingue (REVIMAT).Les groupes demandent au gouvernement d'obliger la minière Sayona Mining à se soumettre la Procédure d'évaluation et d'examen des impacts sur l'environnement, notamment parce que le projet minier serait situé à moins de 500 mètres de l'Esker Saint-Mathieu-Berry.La minière australienne prévoit traiter 1900 tonnes par jour, soit 100 tonnes de moins que la limite de 2000 tonnes fixée pour la tenue d'un BAPE. Légalement, Sayona n'est donc pas obligée de se soumettre aux analyses du BAPE, à moins que le gouvernement ne l'y oblige. En effet, un nouvel article de la Loi sur la qualité de l'environnement donne le pouvoir à la ministre de l'Environnement de recommander au gouvernement de le faire, si les préoccupations environnementales le justifient.« Nous pensons que les enjeux reliés à ce projet sont tels qu'ils commandent un temps d'arrêt afin d'étudier rigoureusement les impacts potentiels, ce qui selon nous doit passer par la réalisation d'études indépendantes et une enquête du BAPE », fait savoir Michaël Pelletier-Lalonde, porte-parole du Comité citoyen de protection de protection de l'esker », par voie de communiqué.Un processus moins rigoureux ?Le porte-parole de Sayona Mining, Marc Parson, martèle que le processus actuel est tout aussi légitime que celui du Bureau d'audiences publiques de l'Environnement (BAPE). Il souhaite éviter le BAPE en raison des délais et de la nécessité d'aller en opération rapidement, en raison du marché du lithium.

Le porte-parole de la Coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, Ugo Lapointe, affirme qu'il est scandaleux que la minière souhaite délibérément éviter ce processus.

M. Lapointe trouverait incohérent que la minière évite la procédure, pour 100 tonnes de moins, « alors que les risques environnementaux sont les mêmes ».La demande de certificat d'autorisation environnemental, processus par lequel passe actuellement la minière, serait une évaluation « plus légère » que celle du BAPE, toujours selon M. Lapointe. « Pour nous, ce n'est pas à la minière de faire ses propres évaluations environnementales, ni à la minière de faire ses propres consultations publiques. Ça devrait être laissé à un organisme indépendant, comme le BAPE. »

« C'est un des éléments qui nous pousse à demander un BAPE », souligne quant à lui M. Nantel, qui craint que la minière « retienne de l'information ». « C'est comme cela que l'on perçoit », précise-t-il.Le porte-parole de Sayona, Marc Parson, affirme que la caractérisation est assez précise.

Aucune acceptabilité possible, sans BAPE ?Le porte-parole du REVIMAT, Marc Nantel, martèle qu'il n'acceptera pas le résultat d'un processus sans BAPE. « Si la minière développe son projet, puis qu'elle le fait avec sa stratégie puis sa façon de fonctionner, c'est sûr que le REVIMAT va contester le rapport qui va être déposé », prévient-il.« Si la décision est de ne pas aller vers la procédure, c'est sûr qu'on serait très déçu puisqu'on croit que la ministre doit vraiment utiliser son nouveau pouvoir », souligne Alice-Anne Simard, directrice générale d'Eau secours.Le cabinet de la ministre de l'Environnement attendra au dépôt du projet avant de réagirL'attachée de presse de la ministre de l'Environnement a expliqué ne pouvoir réagir avant que le projet ne soit déposé officiellement, mais assure que la protection de l'esker sera au cœur des préoccupations lors de l'analyse.On nous rappelle que c'est la ministre Melançon qui a proposé ce nouvel article de la loi. « C'est clairement pour des situations semblables où clairement, la protection de l'esker est un enjeu », explique l'attachée Anne-Hélène-Couturier.

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