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Projet minier à La Motte : Sayona répond à quelques préoccupations

Le promoteur du projet de mine de lithium à La Motte, Sayona Mining, a dévoilé mercredi une série de réponses à des préoccupations citoyennes recueillies par le comité de liaison mis sur pied dans le cadre du projet Authier.

Un texte de Lise Millette

Ces informations sont révélées au lendemain de l'annonce de la municipalité de La Motte d'attendre avant de réclamer la tenue d'une enquête du Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) pour le même projet, malgré des demandes insistantes en ce sens de la part de citoyens.

Dans le communiqué de la minière, on retrouve un aperçu des points traités, notamment de la tenue d'une enquête du BAPE, procédure à laquelle le projet de La Motte n'est pas soumis puisque le projet métallifère est de moins de 2000 tonnes par jour.

Le document présente aussi des pistes à envisager pour tenter de prévenir les conséquences d'éventuels déversements et la mise en place d'un plan de gestion des poussières. On y assure également que le dynamitage n'aura lieu que deux fois par semaine.

Le porte-parole de la minière, Marc Parson, a répété que les consultations publiques se poursuivront jusqu'au 23 juillet. Les citoyens peuvent acheminer leurs questions et commentaires en lien avec le Projet Authier par différents moyens.

« Les personnes peuvent communiquer avec nous par téléphone, on a une ligne téléphonique dédiée à ça. Évidemment, les assemblées publiques, il y a aussi la page web où les gens peuvent poser des questions et émettre des commentaires. Après la période publique des consultations, nous allons soumettre un rapport qui doit comprendre l'ensemble de ces questions, l'ensemble de ces préoccupations et évidemment les réponses », mentionne M. Parson.

Des centaines de pages d'information

Deux soirées d'information auront aussi lieu les 19 et 20 juin. Elles serviront à présenter un résumé du projet et des informations contenues dans les documents publiés par la minière sur le site de Sayona Québec.

« Vous savez, l'évaluation environnementale comprend plusieurs analyses scientifiques différentes. Quand on ajoute les annexes à l'évaluation, on parle de 1000 et quelques pages de documents. C'est beaucoup pour un citoyen qui a autre chose à faire de ses journées que de lire l'évaluation environnementale, alors on est là pour en discuter, en sortir les faits saillants, répondre aux questions », affirme M. Parson.

Ce sont des centaines de pages d'information qui ont ainsi été rendues publiques. Le porte-parole du Comité citoyen de protection de l'Esker, Rodrigue Turgeon, a pris le temps de parcourir les documents mis en ligne par la compagnie. Il estime qu'en laissant aux promoteurs le soin de décider ce qui est important, une partie de l'information pourrait ne pas être transmise aux citoyens.

« Dans le document de 1500 pages de Sayona, on fait état de la possibilité qu'il y ait atteinte aux eaux souterraines via des déversements d'hydrocarbures de la machinerie, mais après ça on vient dire, dans le communiqué de presse, que l'Esker ne sera jamais atteint et sera protégé. Si on met tous les éléments en place, il n'y a rien de très clair, ce pour quoi il nous faut quelqu'un qui soit indépendant. On s'entend, n'importe quelle préoccupation qui est légitime pour la population, si on la confie à la minière, elle va donner une réponse qui lui convient et qui ne va pas dans le sens du refus de son projet », déclare M. Turgeon.

Sans parler d'une crise de confiance, M. Turgeon maintient qu'en laissant les communications aux minières, l'information donnée aux citoyens lors des séances publiques est inévitablement teintée.

« On n'est pas en train de dire que Sayona Mining contrevient à la Loi d'une quelconque façon. Ce qu'on est en train de dire, c'est qui n'est pas normal, c'est que les citoyens sont préoccupés, que leurs préoccupations soient prises en compte et répondues par des compagnies minières qui veulent elles-mêmes voir leur projet s'implanter », estime-t-il.

M. Turgeon maintient que des consultations indépendantes devraient être organisées.

Précisons que le comité de liaison, dont on ne connaît pas la composition exacte, est distinct du comité de suivi qui constitue une obligation, en vertu de la Loi sur les mines, pour tout locataire d'un bail minier. Le comité de suivi doit être composé d'au moins un représentant municipal, d'un représentant du milieu économique, d'un citoyen et d'un représentant des communautés autochtones.

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