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Projet Optilab : au moins huit postes supprimés au CISSS de l'Abitibi-Témiscamingue

Le projet Optilab dans le secteur de la santé commence à prendre forme dans la région. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l'Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT) a fait le point mercredi matin avec les différents syndicats. Déjà, il est annoncé que huit postes seront supprimés au CISSS-AT. Certains syndicats craignent la centralisation des services de santé, alors que d'autres redoutent les défis de la gestion des employés à distance.

Avec les informations de Jean-Marc Belzile

Des analyses en laboratoire à Montréal, plutôt que dans la région

Plusieurs échantillons de la région seront transportés et analysés au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) à partir du 1er avril 2017. Les employés des laboratoires de la région vont aussi relever directement du CUSM. Le CISSS-AT affirme ne pas connaître pour le moment le nombre et la nature de ces échantillons.

La décision va signifier la suppression d'au moins huit postes à temps plein en Abitibi-Témiscamingue, mais le président-directeur général du CISSS-AT, Jacques Boissonneault, ne sait pas encore le nombre exact d'emplois qui seront perdus. « On avait annoncé en mai déjà l'équivalent de huit postes non comblés, des départs à la retraite ou autre, donc il n'y a personne qui perd son emploi pour le moment. Qu'en est-il pour la suite, on ne le sait pas et on verra bien », dit-il.

Craintes de centralisation et de perte de services régionaux

Plusieurs syndicats dénoncent déjà le projet Optilab. Le vice-président de la CSN en Abitibi-Témiscamingue, Donald Rheault, a l'impression que les dirigeants du CISSS-AT improvisent dans ce dossier. « Je pense que le ministre Barrette a un agenda caché. Son objectif c'est de centraliser l'ensemble de la santé dans les grands centres, réduire de plus en plus les services dans les régions, craint-il. Les gens devront quitter la région pour avoir des services, ça a un effet directement sur notre population. »

Jacques-Michel Audet, représentant régional de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), parle d'une journée noire. « C'est une atteinte directe à l'offre de service et à la qualité de l'offre de services dans la région. On ne sera plus maître d'oeuvre de cette qualité-là puis l'imputabilité ce sera le CUSM alors ce sera des gens de Montréal qui vont s'assurer que tout est bien fait dans la région, il y a une aberration présentement », croit-il.

Gérer des employés à distance, est-ce possible?

La vice-présidente régionale de la Fédération de la santé et des services sociaux, Annick Trottier, s'inquiète du fait que des employés de la région vont maintenant relever du CUSM. « Quand on représente un travailleur, on connaît la personne. On a l'avantage ici en Abitibi de connaître le visage, le nom, de pouvoir rencontrer la personne facilement. Comment une personne [peut-elle] défendre pour une problématique au niveau des ressources humaines quand son responsable est à 900 kilomètres? Ça ne tient pas la route », estime-t-elle.

Questionné sur le fait que les employés vont relever du CUSM, Jacques Boissonneault admet que cette situation en inquiète plusieurs. « La gestion à distance, très loin comme ça, n'est pas évidente et je ne suis pas certain que ce sera réaliste. Donc, c'est clair qu'on va devoir travailler avec le CUSM. Premièrement, pour notre monde, ça génère beaucoup d'insécurité une annonce comme ça. L'autre élément, c'est qu'on appartient à la région, on a une appartenance à notre établissement, notre milieu de travail. De sentir qu'on va être géré par un gros centre comme le CUSM, c'est quand même intimidant », souligne-t-il.

La MRC de la Vallée-de-l'Or demandait un moratoire sur l'implantation du projet Optilab la semaine dernière.

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