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PTP : inquiétude et déception chez les agriculteurs d'Abitibi-Témiscamingue

Le Canada et 11 autres pays ont annoncé ce lundi une entente de principe sur un Partenariat transpacifique (PTP). L'entente ouvre une brèche dans le système de gestion de l'offre au pays. À terme, les producteurs étrangers pourront accaparer jusqu'à 3,25 % du marché des produits laitiers, 2,3 % pour les oeufs, 2,1 % pour le poulet, 2 % pour le dindon et 1,5 % pour les oeufs d'incubation de poulets de chair. En Abitibi-Témiscamingue, cette ouverture suscite de l'inquiétude chez les producteurs laitiers.

Avec les informations de Boualem Hadjouti

Un producteur laitier du Témiscamingue vend sa ferme devant l'incertitude

« Il n'y aura plus de vaches ici. Il reste 26 jours exactement puis on va abandonner la production », lance Sylvain Cossette. C'est avec un pincement au coeur qu'il a décidé de vendre ses vaches laitières. Le producteur établi depuis 25 ans à Duhamel Ouest vend parce qu'il n'a pas de relève. Mais il reconnait que les discussions sur le Partenariat transpacifique ont précipité les choses. « C'est sûr que moi, avant, je me mettais encore facilement une grosse année, mais avec cette entente-là qui brassait dans le temps, j'ai décidé de lâcher avant que je perde tout finalement », dit-il.

Voici notre entrevue complète avec M. Cossette à l'intérieur de laquelle il explique en détail comment l'incertitude face à la signature du PTP l'a menée à vendre sa ferme.

Est-ce que ce sera la fin du système de gestion de l'offre?

Le président du Syndicat des producteurs de lait de l'Abitibi-Témiscamingue, Gabriel Rancourt, est déçu des concessions sur la gestion de l'offre. Il ne croit toutefois pas que c'est la fin de ce système. « Je pense que notre système va être capable de survivre à cet événement-là, mais il ne faudrait pas qu'il en arrive trop d'événements. Ça fait déjà deux qu'on vit dans deux ans, il faudrait que ça arrête. Voilà deux ans, on ne pensait pas de vivre un PTP », déplore-t-il se demandant si d'autres ententes sont à prévoir dans le futur.

Daniel Mercier-Gouin s'attend à l'affaiblissement de la gestion de l'offre, mais le professeur en agroéconomie à l'université Laval ne croit pas que les prix des produits vont baisser. « Les prix au consommateur risquent fort de rester au même point, parce qu'on va continuer à gérer l'offre... il n y a pas de gain aux consommateurs », note-t-il.

Selon lui, les fermiers canadiens concernés par la gestion de l'offre vont bel et bien subir une diminution de leurs chiffres d'affaires.

L'UPA déçue

De son côté, Sylvain Vachon, président régional de l'Union des producteurs agricoles (UPA), n'a pas caché sa déception face à l'entente de principe du PTP, et ce, malgré que les nouveaux programmes de compensations à long terme que le gouvernement compte mettre sur pied afin d'aider les producteurs qui seront affectés.

Voici l'entrevue complète que Sylvain Vachon a accordée à l'émission Le Radio-Magazine.

Du côté de l'industrie minière, différents intervenants se sont réjouis aujourd'hui de l'entente de principe concernant le PTP. L'Association minière du Québec ainsi que l'organisme 48e Nord international ont tour à tour salué l'entente.

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