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Quand Paul Daraîche et Les Loups Blancs étaient les vedettes yéyé de La Sarre

Bien qu'originaire de la Gaspésie, c'est à La Sarre, en Abitibi-Ouest, que Paul Daraîche a officiellement commencé sa carrière. Engagé comme guitariste du groupe yéyé Les Loups Blancs, il est devenu une vedette locale en compagnie de ses collègues. Il garde un souvenir impérissable de l'Abitibi, mais la région conserve aussi un héritage bien concret du passage des Loups Blancs dans le coin.

Dans le cadre du 100e anniversaire de La Sarre, nous consacrerons une série d'articles de la série Abitibi-Témiscamingue inusitée à l'histoire de l'Abitibi-Ouest.

Vers l’Abitibi… sans contrat!

« C’était en 1965. C’est un groupe qui est venu me chercher comme guitariste au mois de juin, parce qu’il venait de perdre son guitariste. Ils s’appelaient Les Loups Blancs et ils faisaient déjà du spectacle », raconte le Gaspésien. Il arrivait à peine à Montréal que, déjà, l’autre extrémité du Québec l’appelait.

« J’ai embarqué avec eux autres et on est partis en Abitibi parce que notre bassiste connaissait quelqu’un à La Reine qui allait nous héberger. On pensait qu’on s’en allait en tournée, mais non! On n’avait pas d’ouvrage! On allait trouver de l’ouvrage rendu là-bas », se souvient-il. Ce témoignage en dit long sur la naïveté qui régnait dans l’industrie musicale au cours des sixties.

« Avant d’arriver à La Reine, continue-t-il, on s’est arrêtés à La Sarre prendre un café au restaurant La Chaumière. » Leur route allait s’arrêter là.

Remarquant ces jeunes hommes dont les visages n’étaient pas familiers dans le décor du restaurant, le propriétaire de La Chaumière, Jean-Claude Hamel, les interpelle : « Les p’tits gars, vous n’êtes pas d’ici vous autres! Qu’est-ce que vous faites ici? »

Les Loups Blancs, vedettes en Abitibi-Ouest

Une fois leur situation exposée, M. Hamel saute sur l’occasion. Au deuxième étage de La Chaumière se trouvait une salle de danse pour les jeunes : Le Pavillon. Les Loups Blancs sont engagés pour y donner des concerts six soirs par semaine.

Les Loups Blancs connaissent un grand succès local, à un point tel que la radio CKLS de La Sarre lance une émission mettant le groupe en vedette et en prestation en direct du Pavillon, chaque samedi après-midi.

L’Abitibi, c’est important certain, j’ai commencé ma carrière vraiment là!

Paul Daraîche

Aujourd’hui La Sarre, demain le monde

Ce succès trouve écho à l’extérieur de La Sarre. L’orchestre décroche des contrats partout dans la région, puis ailleurs au Québec, mais La Sarre demeure le camp de base. Donc, après des concerts au Saguenay-Lac-Saint-Jean, en Outaouais ou à Montréal, le retour se faisait systématiquement en Abitibi-Ouest.

Pendant un an, l’engagement au Pavillon rappelle le groupe dans la région après ses excursions en province, mais certains attachements développés sur place leur donnent aussi le goût de revenir. Maurice Bastien, guitariste du groupe et chef d’orchestre, avait eu le coup de foudre pour une des serveuses de La Chaumière.

Pendant ce temps, la carrière des Loups Blancs prenait de l’ampleur. La maison de disques Sonore leur propose un contrat d’enregistrement. Deux 45 tours sont lancés en 1967. L’orchestre est invité à quelques reprises à la populaire émission de télévision Jeunesse d’aujourd’hui, de Télé-Métropole. Les spectacles en province se multiplient.

Un Loup Blanc prend pays

Quand vient le moment de quitter La Sarre définitivement pour de nouveaux engagements, la distance a fait son oeuvre. Maurice Bastien fait le choix déchirant de laisser tomber le groupe. On est alors en 1967. Il s’installe en Abitibi pour de bon et fonde une famille avec celle qu’il a rencontrée à La Sarre. 50 ans plus tard, le Loup Blanc Maurice Bastien habite toujours ici, avec sa femme, dans le secteur de Rouyn-Noranda.

Non seulement M. Bastien était-il le leader du groupe, mais il en est aussi la principale mémoire. Il a conservé d’imposants scrapbooks compilant photos, souvenirs et découpures de journaux liés à sa carrière musicale passée.

Paul et Maurice

Par-dessus tout, il a conservé un lien avec son ami Paul Daraîche. Ce dernier, devenu une légende de la musique country au Québec après son départ des Loups Blancs, revient régulièrement en Abitibi pour donner des concerts.

Quand il revient à La Sarre, la nostalgie s’installe au cœur du cowboy. « Je me promène dans la rue et je recule… ça fait 52 ans cette année. Je me rappelle, je marchais le soir et il neigeait une belle neige. J’étais seul et je marchais sur la rue Principale, jusqu’au petit pont. [Je suis retourné] marcher là. J’ai tout été voir [les endroits] du temps où je jouais à la salle », dit-il.

Et quand il revient dans le coin, Paul et Maurice se retrouvent et se rappellent des souvenirs de l’époque du yéyé.

Maurice Bastien a peut-être été oublié, mais il a tout de même donné à Paul Daraîche ses premiers contrats professionnels dans le monde de la musique en l’engageant dans son groupe, Les Loups Blancs. Et ces contrats, c’est à La Sarre qu’ils les ont honorés.

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