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Quand un ours buvait des boissons gazeuses au dépanneur de Villemontel

Le nombre de signalements d'ours noirs près des villes d'Abitibi-Témiscamingue semble être en augmentation. Val-d'Or en a enregistré 182 en 2015-2016, alors qu'un ours aurait été aperçu dans un boisé près d'une école à Rouyn-Noranda. Pourtant, il fut un temps, en Abitibi, où certains, plutôt que de craindre les ours, les apprivoisaient! C'était le cas du dépanneur Au coin de l'ours de Villemontel, où un ours a longtemps été enchaîné dans la cour, au début des années 1960.

Un article de Félix B. Desfossés

« Le coin de l'ours »

Dans le village de Villemontel, non loin d'Amos, aux abords de la route 111, se trouvait jadis un restaurant de village nommé Chez Rita. Mme Rita Jeanson en était propriétaire.

Au début des années 60, Mme Jeanson a adopté une mascotte insolite. « Ce sont des trappeurs qui avaient capturé une mère ours qui avait deux petits avec elle. Les petits, ils les ont pris vivants et ils en ont laissé un à Mme Jeanson », raconte Luc Bousquet, copropriétaire actuel du dépanneur.

L'ours y a été gardé en captivité durant de nombreuses années, de sorte que le nom du commerce a été remplacé dans l'usage populaire par « le resto de l'ours », puis « le coin de l'ours ».

Une attraction locale

« C'était l'attraction du dimanche, lance Luc Bousquet. Il y a une petite madame qui me disait qu'elle faisait partie d'une grosse famille qui n'avait pas beaucoup d'argent. Après la messe, le dimanche, ils s'en allaient là. Leur père achetait une liqueur, chaque enfant prenait une gorgée et il donnait le reste à l'ours! »

Rendre visite à l'ours est devenu coutume pour les passants, les curieux et les familles. Les badauds étaient impressionnés de voir l'ours avaler une boisson gazeuse à même la bouteille entre ses pattes. D'autres lui offraient des sucreries ou des guimauves.

Garder un animal en captivité telle une bête de foire serait tout à fait inacceptable de nos jours. Mais, à cette époque, la population semblait plutôt intriguée par sa présence que révoltée par sa condition.

Le commerce est toujours là

Le dépanneur Au coin de l'ours est toujours en affaires en 2016. Les nouveaux propriétaires, Luc Bousquet et France Beaudet, fêtaient le 10e anniversaire de leur rachat de l'entreprise le 1er octobre dernier. À cette occasion, « pour faire revivre la légende, on a acheté une sculpture d'ours », mentionne M. Bousquet. Cette statue imposante a été placée en plein centre du commerce.

Au cours des dernières semaines, les clients du dépanneur Au coin de l'ours ont été invités à prendre un « selfie » avec la sculpture de l'ours afin de participer à un concours.

Augmentation du nombre de signalements d'ours en Abitibi-Témiscamingue?

Les ours noirs sauvages font toujours partie de la réalité en Abitibi-Témiscamingue. Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs a fait état de 443 signalements d'ours en Abitibi-Témiscamingue en 2015. C'est la moitié des signalements enregistrés sur tout le territoire de la province. Récemment, l'un d'eux aurait été vu près de l'école Notre-Dame-de-Grâce, à Rouyn-Noranda. À Val-d'Or seulement, 182 signalements d'ours ont été enregistrés en 2015-2016. Tant et si bien que le conseil municipal a récemment pris position afin que soit permise de nouveau la chasse à l'ours automnale.

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