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Québec donne le feu vert à l'agrandissement de la mine Canadian Malartic

Québec donne le feu vert à la mine Canadian Malartic pour l'agrandissement de la mine ainsi que pour la déviation de la route 117, un projet qui devrait générer des investissements respectifs de 141 millions et de 53 millions de dollars dans la communauté de 3300 habitants.

Le député d'Abitibi-Est, Guy Bourgeois, a officialisé cette autorisation qui doit permettre à la minière d'exploiter les gisements Barnat et Jeffrey. L'autorisation délivrée pour l'agrandissement de la mine par le ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques est assortie de neuf conditions, dont cinq qui concernent le climat sonore. Quant à la déviation de la route 117, la minière devra, en plus d'assumer la totalité des frais, répondre aussi à cinq conditions, dont une sur le climat sonore.

Une décision attendue

Le projet d'agrandissement doit permettre de prolonger la durée de vie de la mine de six ans, soit jusqu'en 2028. Il doit aussi permettre le maintien de 1250 emplois, dont 700 emplois directs à la mine. On estime que les travaux de déviation de la route devraient pour leur part créer 160 emplois, pour la durée estimée des travaux, soit deux ans.

Pour le maire de Malartic, Martin Ferron, cette décision était attendue, tant par la communauté d'affaires que par les travailleurs. Il considère par ailleurs que les conditions imposées par le gouvernement sont le résultat d'une « analyse rigoureuse ». « Le gouvernement s'est basé sur des experts en la matière notamment au niveau sonore, argue-t-il. Être zéro impact, je pense que c'est impossible, mais je pense que ce qu'ils ont donné, [ce sont] des conditions qui font en sorte que al qualité de vie est présente et que la qualité d'opération est possible aussi. »

Il ajoute par ailleurs que le branle-bat de combat de la phase de construction est un mal nécessaire.

La communauté d'affaires de la région applaudit

La communauté d'affaires de la région accueille favorablement l'autorisation octroyée par Québec. Par voie de communiqué, la Chambre de commerce de Val-d'Or parle d'une « nouvelle réjouissante pour le développement économique de la région ». Selon son président, Stéphan Ferron, les collectivités de l'Abitibi-Témiscamingue dépendent de l'exploitation des ressources naturelles. Il ajoute que le projet est aussi une occasion pour les quelque 550 fournisseurs et entrepreneurs de Canadian Malartic.

« Il n'y a pas seulement la communauté d'affaires qui est contente, je pense que les familles des travailleurs, il y en a 1250, qui vont maintenir leur emploi, qui vont continuer d'habiter dans notre coin, explique Stéphan Ferron. Donc, ce sont des familles qui sont heureuses, je pense, d'une nouvelle comme celle-là, d'un projet d'extension comme celui-là. Évidemment, la communauté d'affaires est contente. »

Même son de cloche du côté de la Chambre de commerce et d'industrie du Centre-Abitibi (CCICA), qui entend veiller à la croissance des entreprises sur son territoire. Elle ajoute vouloir demeurer vigilante quant à la maximisation des retombées locales et régionales, ainsi qu'au recrutement de travailleurs de la région.

L'Association minière du Québec (AMQ) accueille aussi avec enthousiasme la décision du gouvernement du Québec d'autoriser l'agrandissement de la mine Canadian Malartic qui permettra de consolider des emplois de qualité, d'assurer des retombées économiques importantes pour le Québec et de maintenir fort le développement minier de l'Abitibi-Témiscamingue.

« C'est une entreprise responsable, qui a pris des engagements clairs envers le respect de la population, le respect de l'environnement, fait valoir Josée Méthot. Son bilan, on l'a vu dans les dernières années, parle par lui-même. Ils ont mis des mesures en place. À chaque problématique rencontrée, le partenariat a su prendre les choses en main. Il a mis des mesures d'atténuation nécessaires en place. »

Déception chez les citoyens

Le Comité des citoyens de la zone sud de la voie ferrée (CCZSVF) accueille pour sa part cette annonce avec déception et inquiétudes. Son porte-parole, Guy Morissette, fait valoir que cette décision ne contribuera en rien à l'amélioration du climat social à Malartic.

« Le climat social n'est pas encore satisfaisant à Malartic, lance-t-il d'emblée. La santé publique s'en inquiète, ils ont nommé une ressource supplémentaire dans le dossier qui vient travailler à Malartic, ils parlent de cohésion sociale et le décret gouvernemental n'a aucun souci des citoyens. »

L'annonce de l'agrandissement de la mine Canadian Malartic déçoit aussi le Regroupement vigilance mine Abitibi-Témiscamingue. Le porte-parole, Marc Nantel, croit que le gouvernement se plie aux exigences de la minière en ce qui à trait au bruit.

« Assez déçu de voir qu'au niveau gouvernemental on accepte les conditions que la minière impose pour l'exploitation minière à côté de Malartic, explique M. Nantel. Ce qu'on dit, c'est que les normes au niveau du bruit, au niveau de la ville on n'est pas capables de les respecter, donc le gouvernement fait des modifications pour que ce soit plus facile de les respecter. »

Concernant le climat sonore, le gouvernement demande à la mine de ne pas dépasser 55 décibels le jour et 50 décibels la nuit alors que le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) demandait de respecter le niveau de 45 décibels le jour et 40 décibels la nuit.

Invalidation du jugement sur la demande d'injonction interlocutoire?

La Coalition Québec Meilleure mine déplore aussi l'autorisation octroyée par le gouvernement. Pour le porte-parole, Ugo Lapointe, le fait que le gouvernement donne son aval au projet n'est pas une surprise. Il juge cependant « troublantes » les conditions dans lesquelles Canadian Malartic pourra procéder, notamment en ce qui a trait aux normes sonores et au taux journalier d'extraction du minerai.

Pour Ugo Lapointe, ces conditions d'opération viennent contrecarrer la demande d'injonction interlocutoire que les citoyens de la zone sud avait portée à l'attention de la Cour supérieure. Il ajoute par ailleurs avoir reçu le jugement du juge Beaupré aujourd'hui. « Le juge Beaupré reconnaît que la demande des citoyens était 100 % valide du point de vue du bruit, que c'était bel et bien 40-45 décibels la nuit qui devait s'appliquer et reconnaissait la forte apparence du droit au niveau du taux d'extraction de 120 000 tonnes par jour qui était initialement permis », fait valoir M. Lapointe.

Dans sa décision datée du 10 avril, le juge Michel Beaupré rejette effectivement la demande d'injonction interlocutoire. Ugo Lapointe note cependant que la demande d'autorisation d'action collective est toujours en cours. Le juge Robert Dufresne doit décider si oui ou non il autorise la tenue d'une action collective d'ici l'été.

L'automne dernier, le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement avait autorisé l'expansion de la mine, mais sa décision était accompagnée d'une série de conditions puisque le gisement est au coeur de la municipalité d'environ 3300 habitants.

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