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Quelles municipalités sont-elles les plus dépensières en Abitibi-Témiscamingue?

Parmi les cinq grandes municipalités d'Abitibi-Témiscamingue, Amos est celle dont les dépenses par habitant sont les plus élevées en Abitibi-Témiscamingue, selon le plus récent Palmarès des municipalités du Québec réalisé par le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal. Val-d'Or se trouve à être la municipalité dont les dépenses sont les moins élevées. Malartic se trouve, pour sa part, parmi les plus dépensières de la province.

Amos un peu plus dépensière, Val-d'Or économe

Comparativement aux villes du reste du Québec, Amos occupe le 521e rang, sur 762 municipalités étudiées. En moyenne, les coûts des services y sont 12,41 % plus chers que les municipalités de même taille, c'est-à-dire de 10 000 à 24 999 habitants.

Si on compare les résultats obtenus par Amos, Rouyn-Noranda, Val-d'Or, La Sarre et Ville-Marie, c'est la municipalité de Val-d'Or qui est la plus économe avec un 156e rang sur 762 municipalités étudiées au Québec. Les services y sont généralement 19,08 % moins chers que dans les municipalités de la même taille. Qui plus est, Val-d'Or se démarque en obtenant le 2e rang québécois des villes les moins dépensières dans la catégorie des 25 000  à 49 999 habitants.

Rouyn-Noranda suit de près un avec 6e rang dans la même catégorie de municipalités. Les services y sont généralement 14,93 % moins chers que dans les autres villes comparables, au Québec.

À La Sarre, les services sont généralement 16,14 % plus chers dans les municipalités de même taille, c'est-à-dire de 5000 à 9999 habitants.

Témiscaming parmi les municipalités les plus dépensières

Le CPP n'a pas comparé les chiffres de Ville-Marie avec ceux des municipalités de sa taille, c'est-à-dire de 2000 à 4999 habitants. On sait toutefois que les dépenses totales y étaient de 1583,78 $ par habitant en 2014. À titre comparatif, la Ville de Témiscaming, comprise dans la même catégorie, se trouve au 75e rang, sur 182 municipalités de 2000 à 4999 habitants. Les dépenses y sont 78,75 % plus hautes qu'ailleurs.

Malartic au fond du baril

Sur les 762 municipalités étudiées, Malartic se trouve au 749e rang. Le coût moyen des services y est 210, 19 % plus cher que dans les municipalités de 2000 à 4999 habitants. « Il faut analyser les budgets avant de dire qu'on est plus chers qu'ailleurs », plaide Martin Ferron, maire de Malartic. Il explique que la municipalité a décidé de faire des investissements massifs dans les infrastructures au moment où la mine Canadian Malartic était en cours d'implantation. La dette de Malartic a ainsi monté en flèche. Mais les taxes payées par la minière viennent payer une grande partie de cette dette.

M. Ferron voit plusieurs failles dans le mode de compilation des données du CPP de HEC Montréal. « Comparer les municipalités les unes avec les autres, c'est un petit peu pervers comme façon de faire, croit-il. Les citoyens de Malartic ont décidé il y a presque une quinzaine d'années, une vingtaine d'années, dans un référendum, de payer une surtaxe sur le déneigement de la voirie pour que la neige ne soit pas envoyée dans leur cour, mais qu'elle soit mise au centre de la rue et chaque rue ici est nettoyée au complet [et la neige] est transportée par des camions. »

L'Abitibi-Témiscamingue dépense moins pour le déneigement

D'ailleurs, lorsque les chiffres pour la région en entier sont additionnés, l'Abitibi-Témiscamingue arrive bonne dernière lors qu'il s'agit de calculer le coût de déneigement par kilomètre de voie. La région dépense 3034 $ par kilomètre. C'est à Montréal qu'on dépense le plus pour le déneigement. On dépense là-bas 11 929 $ par kilomètre de voie.

« Un faible coût n'est pas nécessairement une bonne chose. Ça peut refléter une qualité de service ou une offre de service de qualité inférieure à ce qui se fait ailleurs au Québec. Au niveau de la voirie, c'est plus compréhensible. Comme citoyen, comme payeur de taxes, moi je préfère me trouver dans une ville qui investit dans ses infrastructures, quitte à supporter un fardeau fiscal plus élevé, que d'être dans une ville qui néglige son réseau routier, mais qui affiche des coûts bas », analyse le directeur adjoint du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal, Jonathan Deslauriers.

Le palmarès des municipalités du Québec permet de suivre l'évolution des dépenses des municipalités du Québec à l'aide de 30 indicateurs. Les chiffres cités dans cet article sont tirés des données disponibles dans la carte interactive du Palmarès des municipalités du Québec réalisé par le Centre sur la productivité et la prospérité (CPP) de HEC Montréal.

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